Résumé

Robert de la Sizeranne Craintes et espérances pour l’art aux Salons de 1911

Un paysage « intime, » c’est un paysage où il y a peu de ciel, pas d’eaux courantes, pas de forêt innombrable, pas de grands horizons : c’est un coin de nature habité par l’homme, mais où l’homme ne paraît pas, qui porte son empreinte, mais qui n’est pas troublé par sa présence, où l’arbre, le vieux pont, la porte vermoulue, reçoivent dans l’intimité : c’est la figure que font nos arbres et nos meubles familiers quand nous ne sommes pas là : c’est ce qui se passe au ras de terre, au creux du vallon, loin de cette foule qu’est le ciel, avec tous ses nuages frivoles et changeans.
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Robert de la Sizeranne Craintes et espérances pour l’art aux Salons de 1911

Il n’y a plus, autour du gisant, les anges du moyen âge ombrageant son front de leurs ailes. Il n’y a plus les pleurans sauvant son âme de leurs larmes. Il n’y a plus les vertus ou les symboles célébrant sa mémoire de leurs gestes et leurs affabulations compliquées. Il n’est plus besoin de figures symboliques pour que notre esprit évoque la grandeur de leur sacrifice. Les seuls pleurans seront les voyageurs arrêtés un instant sur le bord de la route.
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Robert de la Sizeranne Craintes et espérances pour l’art aux Salons de 1911

Des fidèles, des malades en silhouettes dans l’ombre, sous un auvent, regardent passer la procession dans un rayon de soleil, un flot d’or où tout se transfigure comme le bonheur, comme l’espérance, et dans ces contrastes fort naturels d’ombre et de lumière, d’humanité agenouillée et de relique triomphante, on éprouve non pas la surprise d’une hypothétique vision, mais le solide bienfait de la foi.
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