Résumé

Portrait de Guy de Maupassant Guy de Maupassant Œuvres complètes de Guy de Maupassant - volume 16 (1908)

Et je fis le reste du chemin avec une telle angoisse dans l’âme que le moindre bruit me coupait l’haleine.
Est-ce bête, dites? Mais quelle peur! En y réfléchissant, plus tard, j’ai compris; un enfant, nu-pieds, la menait sans doute cette brouette; et moi, j’ai cherché la tête d’un homme à la hauteur ordinaire!
Comprenez-vous cela... quand on a déjà dans l’esprit un frisson de surnaturel... une brouette qui court... toute seule... Quelle peur!
Il se tut une seconde, puis reprit:
—Tenez, monsieur, nous assistons à un spectacle curieux et terrible: cette invasion du choléra!
Source : Gutenberg

Portrait de Guy de Maupassant Guy de Maupassant Œuvres complètes de Guy de Maupassant - volume 16 (1908)

Quoi de plus doux que de songer, en allant à grands pas sur une route? On marche dans la lumière, dans le vent qui caresse, au flanc des montagnes, au bord de la mer! Et on rêve! Que d’illusions, d’amours, d’aventures passent, en deux heures de chemin, dans une âme qui vagabonde! Toutes les espérances, confuses et joyeuses, entrent en vous avec l’air tiède et léger; on les boit dans la brise, et elles font naître en notre cœur un appétit de bonheur qui grandit avec la faim, excitée par la marche. Les idées rapides, charmantes, volent et chantent comme des oiseaux.
Source : Gutenberg

Portrait de Guy de Maupassant Guy de Maupassant Œuvres complètes de Guy de Maupassant - volume 16 (1908)

N’avez-vous jamais eu le désir du baiser? 285 Dites-moi si les lèvres n’appellent pas les lèvres, et si le regard clair, qui semble couler dans les veines, ne soulève pas des ardeurs furieuses, irrésistibles.
Certes, c’est là le piège, le piège immonde, dites-vous? Qu’importe, je le sais, j’y tombe, et je l’aime. La nature nous donne la caresse pour nous cacher sa ruse, pour nous forcer malgré nous à éterniser les générations. Eh bien, volons-lui la caresse, faisons-la nôtre, raffinons-la, changeons-la, idéalisons-la, si vous voulez. Trompons, à notre tour, la Nature, cette trompeuse.
Source : Gutenberg

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