Géry Legrand

Géry Legrand

Résumé

Portrait de Géry Legrand Géry Legrand Poésies : 1859-1901 (1909)

Je n'ai jamais jeté l'affront et l'anathème A la femme au grand coeur qui, faiblissant un jour, A roulé dans l'abîme effrayant de l'amour, N'entendant, plus qu'un mot dans l'axiome: «Je t'aime».
Qu'elle habite un palais ou hante un carrefour, Je plains la pauvre femme et je l'excuse même. Comme Dante, portant l'horreur sur son front blême, Elle peut à l'enfer s'arracher sans retour.
Car la femme qui sort d'une divine essence Vers le bien et le beau retourne avec ardeur Et dans l'enfer du vice aspire à l'innocence.
Source : Gallica

Portrait de Géry Legrand Géry Legrand Poésies : 1859-1901 (1909)

C'est lui, c'est l'Androgyne infâme, Monstre charmant, beau corps hideux, Presqu'un homme, presqu'une femme, Ni l'un ni l'autre, et tous les deux.
Dernier mot d'une décadence ! L'art, qui n'a plus de mission, Nous révèle son impuissance Dans sa plus belle création.
C'est que l'amour de la matière, Le rêve impur guidaient la main Du sculpteur qui dans une pierre Sculptait cet être surhumain ;
C'est que l'artiste, — il faut le plaindre ! Rêvait d'étranges voluptés, Et ses sens ne pouvaient atteindre Jusqu'à ses désirs indomptés.
— Décadence césarienne ! L'art, sans but, l'art est aux abois.
Source : Gallica

Portrait de Géry Legrand Géry Legrand Poésies : 1859-1901 (1909)

Sonnets sur Manon et Chimène
I
Deux femmes troublent mon bonheur. L'une est belle, l'autre est charmante, L'une épèle et l'autre commente Les lois terribles de l'honneur.
L'une — sincère ou qu'elle mente, — Appelle sans cesse un vainqueur ; L'autre retourne dans son coeur Un trait divin qui la tourmente.
L'une fait à tous les yeux doux, L'autre fuit l'amant et l'époux, L'une est mépris et l'autre haine ;
L'une dit oui, l'autre dit non : Et la première, c'est Manon, Et la seconde, c'est Chimène.
Source : Gallica

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