Henri Béraud,
Le Martyre de l’obèse
“ Plus encore qu’au premier jour, j’admirai le majestueux équilibre de ses formes. Il est puissant et velu, avec un ventre de potentat. Sa barbe, qui coule en volutes grises de ses joues, et ses cheveux qu’il porte assez longs le font ressembler au roi de trèfle, qu’on appelle Alexandre. Aux lèvres d’un si majestueux particulier, les demi-londrès qu’il fume sans relâche font figure de cigares cossus. Les gestes de M. Canabol sont lents et dignes. Il marche lourdement appuyé sur sa canne, la tête haute ; et toute son âme s’exprime dans ses yeux pleins de jeunesse et de curiosité. ”
