“ Car tout accroissement de salaire, au-dessus d’une certaine mesure, détermine le patron à se préoccuper d’améliorer encore son outillage et à remplacer le cerveau et les bras humains par la machine, automatique et sans volonté. Si, à l’origine du système de production capitaliste, le travailleur masculin s’est épuisé à lutter contre le travailleur masculin, aujourd’hui c’est un sexe qui lutte contre l’autre, et par la suite on luttera âge contre âge. La femme supplante l’homme, et elle sera supplantée à son tour par l’enfant. ”
Henri Dagan
Résumé
La Revue blanche d’Henri Dagan, publiée à une époque marquée par les tensions industrielles et sociales, explore avec acuité les enjeux de la concurrence capitaliste et ses effets dévastateurs sur les travailleurs. L’ouvrage dénonce l’exploitation des ouvrières et des enfants dans les secteurs de la confection et de la pêche, illustrée par des exemples concrets de villes juives en crise.
Dagan analyse comment la modernisation des outils de production, associée à une concurrence acharnée, érode les salaires et accentue la précarité, tout en soulignant les contradictions économiques et sociales qui en découlent. Son texte, à la fois critique et analytique, met en lumière les mécanismes d’une industrialisation déshumanisante.
Citations de La Revue blanche (Henri Dagan)
“ Le perfectionnement de l’outillage et son extension à la plupart des branches de la production ont permis au fabricant d’utiliser la femme et l’enfant dans une proportion beaucoup plus grande que par le passé. Ce phénomène s’accentue sous l’empire de la concurrence industrielle qui oblige le patron ou la société anonyme à réduire, par tous les moyens, ses frais de production. Par exemple, la crise de l’industrie textile en France est causée par la concurrence des produits américains dont l’outillage plus parfait donne un rendement supérieur au nôtre. ”
“ Ville pauvre par excellence et exclusivement habitée par des juifs. L’on n’y voit que des silhouettes de malheureux arpentant de long en large les rues. À quelle occupation autre que les métiers de tailleurs, rapiéceurs, cordonniers, savetiers ou ferblantiers pourraient se livrer 2 500 juifs qui ne vivent que d’un trafic limité aux besoins journaliers dans une bourgade sans aucun commerce, sans industrie, sans agriculture ? C’est un problème de savoir comment avec la concurrence effroyable que se font entre eux tant de meurt-de-faim ils arrivent quand même à vivre. ”
