Henri Le Grauclaude, Les eaux, disciplinées, ont mis en déroute la famine (1933)
“ Dans tous les villiages, depuis plus de six mois, le riz est devenu très rare, et beaucoup de gens ne se nourrissent plus que de patates. C'est la lutte contre la faim dans toute son horreur. Les marchés sont envahis par des bandes de mendiants, d'affamés, qui se ruent sur les marchands ; les champs de patates sont pillés toutes les nuits, la terre retournée, labourée, comme si des hordes de sangliers avaient passé par là. Aussi, ne doit-on pas s'étonner si l'on voit vendre sur les marchés les quelques meubles du nhà-quê, jusqu'aux enfants, tout ce qui représente une valeur quelconque. ”
