Henri Rivière,
La jeunesse d'un désespéré : le combat de la vie
(1882)
“ Jacques se vit au milieu de cadavres. Il les enjamba l'un après l'autre ; car ils jalonnaient le chemin intérieur qui conduisait au chalet. Au seuil même de la salle basse, il y en avait un dernier, si large et si grand, qu'il barrait l'entrée. Jacques se baissa et reconnut le corps : c'était celui de Jones. Il était chaud encore, et la vie, qui l'agitait du tressaillement de l'agonie, s'en échappait par vingt blessures. Ces blessures étaient autant de coups de couteau, et, comme le géant tenait encore de ses doigts crispés une barre de fer, Jacques comprit que tout s'était fait sans bruit. ”
