Jack London

Jack London

Résumé

Portrait de Jack London Jack London Le Peuple de l'Abîme (1903)

Le misérable, celui que l’on méprise ou bien que l’on oublie, s’en vient mourir dans cet abattoir social, résultat de la prostitution. Prostitution de l’homme, de la femme, de l’enfant, de la chair et du sang, de l’intelligence, de l’esprit — prostitution du travail. Si c’est là tout ce que la civilisation peut offrir à l’homme, alors cent fois l’état sauvage, la nudité et la brousse, cent fois la tanière et la caverne, plutôt que cet écrasement par la machine, et par l’Abîme.
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Portrait de Jack London Jack London Le Peuple de l'Abîme (1903)

La plainte de ce jeune homme n’était que l’écho de millions d’autres, qui crient leur faim dans le plus grand empire du monde. Chaque jour, un million de personnes se présentent pour manger aux guichets de l’Assistance Publique, et, au cours de l’année, un ouvrier sur onze s’en vient frapper à sa porte. Ce qui n’a rien d’étonnant, quand on sait que trente-sept millions de gens n’ont pour vivre que douze livres par mois et par famille, et qu’une armée de huit cent mille pauvres diables vit constamment au bord de la famine.
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Portrait de Jack London Jack London Le Peuple de l'Abîme (1903)

Une vie tumultueuse déferle dans leurs veines. Ils se délectent dans la musique, dans le mouvement, dans la couleur, et très souvent cachent sous leurs haillons et sous leur saleté les traits d’un visage très fin ou la beauté d’un corps gracile.
Mais Londres possède aussi son Joueur de Flûte, qui les fait disparaître. On ne les revoit plus jamais, et tout ce qui peut nous faire souvenir d’eux s’efface à jamais. Il est inutile de les rechercher parmi les jeunes gens — là, il n’y a que figures renfrognées et laides, corps rabougris, et les esprits sont devenus abrutis et hébétés.
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