Jacques Estarvielle, Heures bordelaises : Contes (1914)
“ Florence ne se rassasie pas de sentir, sur la bouche de l'ami, l'odeur sucrée de l'absinthe. Parce qu'il est émoustillé lui- même, il la laisse faire ou la sermonne paternellement. Soudain, elle se met à rire. C'est d'abord un murmure, une malice fine et aiguë comme un dard, puis une cascade, un torrent, un fleuve inextinguible et convulsif, une clameur d'insulte pour la rivale abattue. La nuit en résonne, telle un gong, et les gens se retournent. — Dis donc, Alcide !... non, c'est trop drôle !... Sais-tu ce qu'elle fait, la Berthe, maintenant ? ”
