Résumé

Portrait de Jean Lartigue Jean Lartigue A l'école du réel : notes (Flandres…

Mais si sa dernière étape peut être jugée la plus belle, elle n’a rien aboli de ce que les autres avaient glané d’essentiel. Ce serait dresser une mauvaise louange à cette fin glorieuse, que d’y voir le couronnement d’une conversion, car elle n’implique point de reniement. Et si l’abbé David la compare à celle d’un martyr, il en faussera le sens en son amitié pieuse. Baltis n’avait du martyr ni l’absolue conviction, ni l’esprit de sacrifice, ni l’appétit de la mort.
« La France mérite d’être aimée non pas avec passion, disait-il, mais avec dilection. »
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Portrait de Jean Lartigue Jean Lartigue A l'école du réel : notes (Flandres…

Mais ne méprisez pas la forme trop moderne du risque, qui a bien son prix, car elle exige du soldat un dévouement dans le sacrifice, une conscience, une résolution préalable dont il n’eut pas besoin autrefois. L’on ne va que rarement au-devant du danger, mais l’on est sans cesse exposé, et par là même on peut être exemplaire. Et vous auriez raison, Clotaire, de croire que cette guerre offre à ceux qui veulent se démettre de la vie l’occasion de le faire en beauté, si l’on pouvait à la fois profiter d’un tel bienfait et en être digne.
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Portrait de Jean Lartigue Jean Lartigue A l'école du réel : notes (Flandres… (1920)

En passant devant eux, Baltis vit dans leurs yeux une détresse naïve, un renversement de naufrage, un abandon total de volonté, l'éperdu désir d'obéir, avec le secret espoir qu'il ne leur serait pas trop demandé.
Mais à son geste qui pointait à rencontre de la déroute, à sa voix qui donnait claire dans le tumulte, la rupture d'équilibre se fit dans ces êtres tendus, une flamme d'orgueil jaillit, et refoulant le flot dément, ils suivirent sans défection leur chef qui les menait vers une position flanquante, pour barrer la route à l'ennemi.
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