René de Planhol

Résumé

René de Planhol Etapes et batailles d'un hussard… (1915)

N'imaginaient-ils pas, la veille, des fanfares furieuses, des ivresses sanglantes, des Boches qui s'éparpillent et détalent. Vision prestigieuse et puérile ! La guerre, au vrai, c'est l'immobilité sous l'orage de feu, le tir sur un ennemi qui se dissimule, les marches et les contre-marches à quoi l'on ne comprend rien. Et puis la guerre, c'est la retraite, tout à coup, pourquoi ? Il y a encore des bataillons puissants, des projectiles, des cavaliers. Pourquoi recule-t-on sans éprouver la résistance que cachent les rafales, et que les baïonnettes, peut-être, crèveraient comme une baudruche ?
Source : Gallica

René de Planhol Etapes et batailles d'un hussard… (1915)

Dans les bois, les obus avaient allumé de larges incendies. Rases maintenant comme des pelouses, des clairières creusaient les taillis ; et d'autres ne présentaient plus que des troncs calcinés. Des cadavres semaient le chemin, des Allemands et des Français mêlés par les vicissitudes de la bataille. Leurs poses variaient : la mort les a saisis dans toutes les attitudes, tels qui dormaient de fatigue et tels qui combattaient, les uns qui ne s'attendaient point à la surprise, et les autres que les projectiles effrayaient.
Source : Gallica

René de Planhol Etapes et batailles d'un hussard… (1915)

Les fantassins se blottissaient contre les crêtes, avant l'instant de l'assaut. Admirant, au loin, les fumées de nos obus, qui sans doute, endommageaient quelque peu les Boches, nous augurions bien de la journée.
Il semblait que notre attaque eût surpris les colonnes allemandes. Pendant des heures, elles demeurèrent sans riposter. Notre optimisme s'affirmait. Nos fantassins dépassaient les crêtes, se profilaient sur le ciel et s'effaçaient. Le soleil illuminait l'azur et jaunissait la terre.
Au-dessus des armées allemandes, un ballon captif érigea son point rond, ne bougea plus.
Source : Gallica

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