René de Planhol, Etapes et batailles d'un hussard… (1915)
“ N'imaginaient-ils pas, la veille, des fanfares furieuses, des ivresses sanglantes, des Boches qui s'éparpillent et détalent. Vision prestigieuse et puérile ! La guerre, au vrai, c'est l'immobilité sous l'orage de feu, le tir sur un ennemi qui se dissimule, les marches et les contre-marches à quoi l'on ne comprend rien. Et puis la guerre, c'est la retraite, tout à coup, pourquoi ? Il y a encore des bataillons puissants, des projectiles, des cavaliers. Pourquoi recule-t-on sans éprouver la résistance que cachent les rafales, et que les baïonnettes, peut-être, crèveraient comme une baudruche ? ”
