Résumé

José Ray Les étapes de la délivrance : à mes compagnons d'armes (1918)

Le long convoi va lentement par les campagnes désertes et mutilées ; trous d'obus, arbres, poteaux et fils télégraphiques cassés, maisons en ruines: c'est le sombre tableau de La guerre qui afflige encore ces régions tant de fois éprouvées depuis des siècles et pour qui Goethe, alors qu'il suivait le duc de Brunswick dans son expédition d'Argomne, manifestait une véritable sympathie : terres infortunées et glorieuses ces riantes vallées de la Meuse, de l'Aisne et de la Marne qui frémissent du fracas des armes ; meurtries par le fer, arrosées de sang, elles n'ont pas fini de souffrir.
Source : Gallica

José Ray Les étapes de la délivrance : à mes compagnons d'armes (1918)

Le jour suivant, repos, la concentration des armées continuant à s'opérer avec méthode ; cantonnés avec l'avant-garde de la division, nous sommes les invités du commandant B., le plus aimable convive qui soit. Le repas est copieux, les vins exquis, la gaieté règne ; on se croirait à cent lieues de la guerre. Le temps est splendide ; sous le chaud soleil, les compagnies d'infanterie s'en vont à la manœuvre avec un peloton de l'escadron ; les autres cavaliers lavent les effets, astiquent les armes et pansent les chevaux.
Source : Gallica

José Ray Les étapes de la délivrance : à mes compagnons d'armes (1918)

La terre des champs de bataille colle aux souliers des blessés, celle des chemins où ils dormirent quelques jours, parfois même quelques minutes, pendant la halte, celle des abris où ils durent attendre le passage des rafales : elle enveloppe les jambes et le corps, monte jusqu'à la tête et les médecins, habitués cependant aux misères de la vie, avouent se sentir émus devant tant de souffrances. Ici la guerre n'est plus la déesse échevelée, sanglante qui se dresse au milieu des obus, sous la grêle des balles, mais bien la froide leçon d'anatomie.
Source : Gallica

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