Jean-Pierre Fourquet d'Hachette

Résumé

Jean-Pierre Fourquet d'Hachette La famille de l'émigré, ou Le tribunal de sang… (1825)

Vous n'êtes pas les premiers que j'ai conduits à la frontière à travers les montagnes... Si tu veux m'ôter la vie, jeune homme, tu le peux : je cesserai de vivre avec la plus grande indifférence. Tu ne feras que rompre un fil que le malheur a usé depuis long-tems. Quel est aujourd'hui le Français qui n'ait pas appris à mourir et à se détacher de tout ce qui peut l'ai tacher à la vie?
A ces mots, le père de Julie se jeta aux genoux du vieillard, les embrassa étroitement en s'écriant : — J'ai appris à mourir, mais non à devenir un assassin.
Source : Gallica

Jean-Pierre Fourquet d'Hachette La famille de l'émigré, ou Le tribunal de sang… (1825)

Aussitôt il vint s'asseoir près de nous avec cet air calme et paisible qui n'est donné qu'à un être pur et surnaturel. La pâleur du père de Julie ne fit qu'augmenter, aussi, bien que les sentimens pénibles dont on voyait que son coeur était agité. M'ayant tiré à l'écart, il me dit tout bas, avec l'accent du trouble et du désespoir : — Il faut qu'il périsse, ou nous sommes perdus! Si j'étais seul, je lui permettrais de me trahir; mais vos enfans, vous-même!....
Source : Gallica

Jean-Pierre Fourquet d'Hachette La famille de l'émigré, ou Le tribunal de sang… (1825)

Ne voulant point abandonner de nouveau leur sort aux tourmens de la crainte, et la mort lui paraissant mille fois moins affreuse que cette cruelle incertitude, M. d'Azinval dit : — Sachons, mes amies, sachons mourir avec courage, s'il le faut. Pourquoi fuir? Ce n'est qu'à ma vie seule que l'on en veut, c'est moi seul, si je ne me trompe, qui suis en danger. Laissez-moi mourir, vivez toutes, oui, vivez pour votre frère Léonce
Source : Gallica

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