Joseph-Louis-Elzéar Ortolan,
Enfantines : moralités
(1860)
“ Présent, une ombre au front, le semblant d'une larme; Absent, un bruit de feuille, un soupir de roseau, Dans le buisson voisin un frôlement d'oiseau, La font trembler. Hélns ! il faudrait peu de chose. Le calice inondé d'un lis ou d'une rose Forme un gouffre où périt le frêle papillon, Une ondée est mortelle au naissant oisillon, Et, sur son brin de mousse en sa marche surprise, La bête-à-bon-Dieu meurt au choc d'une cerise. Suivez toujours des yeux un enfant, mais surtout Lorsqu'au jardin, lancé de l'un à l'autre bout, Il s'ébat, glorieux des forces qu'il essaye! ”
