Résumé

Le tsar et la tsarine en France (1896)

HOMMAGE AU TSAR
Mille jumelles cherchent à voir l'Empereur, puis retombent; il est trop loin. Il frise le front de l'armée, dans le salut joyeux des musiques, le roulement lourd des sourds tambours, l'appel aigu des trompettes, — et de ces foules, cependant, aucun bruit ne monte. Ce grand peuple rouge, on le dirait pétrifié. Respire-t-il ? Aucun cri, aucun vivat, pas même un souffle. Et le Tsar passe, défile, regarde; rêve, se demande si ces hommes
qu'on dirait morts, glacés à leurs rangs, sont de notre race furieuse. Cette force qui ne bouge pas, ce silence qui retient l'orage l'émeuvent...
Source : Gallica

Le tsar et la tsarine en France (1896)

Dans le grand hall vitré cependant, le Président, plus pâle du tout maintenant, — simple et digne, la figure avenante et souriante, —passe, après les présentations,
donnant le bras à l'Impératrice; à droite du Président marche le Tsar; et, dans le silence respectueux et froid de tous, les invités des tribunes baissent le front, une rangée de dames fait la révérence, tandis que l'Empereur, dont un sourire çà et là, à peine esquissé, un peu inquiet presque, se perd à fleur de barbe, salue en portant la main à son bicorne, et que l'Impératrice séduit tout ce monde officiel.
Source : Gallica

Le tsar et la tsarine en France (1896)

HOMMAGE AU TSAR
réaliste se voyait forcé naguère de reconnaître, le désarroi dans l'âme. Les nations aiment d'instinct comme les princesses des légendes, et leurs aversions ou leurs amours sont puissants comme les forces mêmes de la nature. Ainsi la France aime la personnification de la Russie, son souverain, sa tête et son coeur. La France n'a jamais retiré la main qu'elle avait une fois donnée. Comme noblesse de sang, noblesse d'âme oblige. Nicolas II est sûr du peuple français comme le peuple est sûr de lui. Il est des émotions qu'on ne peut oublier, des paroles qu'on ne renie jamais.
Source : Gallica

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