M. A… de Bucharest

Résumé

M. A… de Bucharest Revue des Deux Mondes

Toujours luttant contre une tyrannie envahissante, absorbé par l’ardent désir de combattre l’oppression, ce peuple n’a recherché, n’a espéré aucune amélioration sociale. Les sources de la prospérité publique taries, les ressorts de la pensée comprimés par la tyrannie et la misère, ont achevé l’anéantissement de la nation ; point de perfectionnement, à peine un reflet des lumières et de la civilisation d’Europe.
La Valachie et la Moldavie peuvent-elles espérer un réveil et une résurrection ? Nous n’en doutons pas. Le sol est riche ; la nation est intelligente, avide d’instruction.
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Le Valaque aime dans l’étranger, non-seulement le caractère sacré de l’hôte et du voyageur, mais la supériorité qu’il reconnaît, la civilisation qu’il n’a pas atteinte. De tous les peuples arriérés que l’Europe renferme, il n’y en a pas un qui sente plus vivement le besoin d’étendre la sphère de ses connaissances et de son pouvoir moral. Le Valaque se prosterne devant la supériorité intellectuelle ; il en adore jusqu’aux marques extérieures et mensongères ; ses préjugés antiques cèdent à son culte pour l’étranger ; un homme instruit est pour lui un demi-dieu.
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Il est évident que la Valachie n’a jamais été complètement conquise et soumise ; que son ancienne bravoure ne lui a jamais fait faute dans les longues et cruelles luttes qu’elle eut à soutenir ; qu’elle s’est long-temps défendue avec persévérance ; que la domination incontestable des Turcs ne remonte guère plus haut que l’avénement des Fanariotes, c’est-à-dire au-delà d’un siècle ; qu’enfin cette domination, toute humiliante, toute désastreuse qu’elle fût, n’a jamais enlevé à ce peuple sa nationalité.
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