M. Gaston Vuillier

Résumé

M. Gaston Vuillier Le Tour du monde

Nous avons repris l’escalier noir du moulin, gravi le sentier, et regagné le causse. D’une haute corniche qui s’avance sur l’abîme nous nous sommes penchés sur l’affreuse et belle déchirure où passe ce ruisseau dont les eaux vont disparaître sous terre avant d’arriver à Rocamadour pour revoir un instant la lumière au moment de se mêler à l’Ouysse.
Le soir vient. Le soleil comme un grand disque d’or va s’enfoncer à l’horizon, dans un chaos de brumes violacées. L’astre est sans rayons, la froidure du causse nous gagne.
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M. Gaston Vuillier Le Tour du monde

Les eaux du ciel, bues avidement, sur les causses altérés, par les puits béants de la pierre, par les cavernes, par les crevasses, par les trous, cloups ou igues, comme on dit dans le pays, ne sont pas perdues pour le Quercy. Là-bas vous les verrez, sous les hautes falaises de la Dordogne, dans la fissure gigantesque de l’Alzou, à l’Ouysse et ailleurs encore, s’échapper joyeusement de leurs sombres antres, apportant la fraîcheur et l’abondance, égayant des villages, faisant tourner les roues des moulins, arrosant des vallons, jasant doucement en des paradis ombreux.
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M. Gaston Vuillier Le Tour du monde

La gorge est resserrée entre une double muraille qui monte haut vers le ciel. Le moulin est taillé en partie dans la roche. Nous entrons dans cette maison obscure et nous descendons par des marches faites de dalles glissantes au milieu d’un bruit infernal, secoués par la trépidation des meules qui tournent furieusement dans l’escalier humide et noir.
Mais nous revoyons bientôt la lumière, nous sommes arrivés au lit du torrent, encore une roche à franchir comme on pourra, une planche à mettre en travers de l’Alzou et nous voilà sur l’autre bord : nous pouvons respirer et contempler.
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