De la Boulaye

Résumé

De la Boulaye Revue des Deux Mondes

Il n’y a point en Norwège de village proprement dit ; nous nous trouvions dans un hameau de deux lieues carrées, dont les maisons étaient à cent pas les unes des autres, à demi cachées dans des bouquets de frênes et se mirant dans les eaux du golfe de Drammen. Si le voile noir étendu sur ce beau tableau eût été un moment déchiré par le soleil d’Italie, il n’y aurait rien de plus magique dans la vallée de Sarnen, rien de plus riant sur les bords du lac de Zurich : tel qu’il est, le paysage de la vallée du Paradis l’emporte sur tous ceux de l’Angleterre et de l’Écosse.
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De la Boulaye Revue des Deux Mondes

Il faut, pour fournir aux abîmes de saphirs liquides qu’on voit en Norwège, les milliers de lacs où ils s’épurent, l’immense neige des hivers et le soleil des pâles étés ; joignons-y la mousse des forêts, qui retient l’eau comme une éponge et la rend en toute saison. Nous traversâmes le fleuve sur un bateau plat, et nous continuâmes notre voyage sur une route étroite, mais bien entretenue. Le paysage, parsemé de lacs et de montagnes, est partout varié : près de Kongsberg, on rencontre une rivière aussi considérable que celle de Drammen.
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De la Boulaye Revue des Deux Mondes

Des arbres gigantesques s’élèvent de tous côtés, non avec le luxe varié de la nature tropicale, mais dans l’âpre uniformité de la latitude scandinave : c’est l’épicia, hérissé de branches noires et pendantes ; le pin sylvestre, jetant jusqu’au ciel son tronc lisse et rougeâtre, surmonté de vastes bras verdoyans ; le bouleau, dont la tête gracieuse est soutenue par une colonne de marbre blanc ; ces trois arbres règnent sans partage dans les forêts de Norwège.
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