Résumé

Portrait de Emile Bertaux Emile Bertaux Sur les chemins des Pèlerins et des Émigrans

Si l’on veut se laisser pénétrer tout entier par l’impression de lointain et de passé qu’ici les hommes donnent plus forte que les monumens et les ruines, il faut monter un jour à Monte-Sant’Angelo, sur le Gargano, et un autre à Scanno, dans l’Apennin des Abruzzes.
Le long promontoire que l’on aperçoit de loin, au-dessus des Pouilles, est isolé comme aux temps où la mer l’entourait encore. Là-haut, dans la ville qui s’est élevée autour de la grotte où apparut l’Archange, vit une race d’hommes fiers et graves, tout différens des lourds paysans de la plaine.
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Portrait de Emile Bertaux Emile Bertaux Sur les chemins des Pèlerins et des Émigrans

Non contens de se traîner sur leurs genoux déchiquetés, ils se font tirer par les bras comme des cadavres, la face contre terre, la langue dans la boue du pavé, où ils laissent une trace tout engluée de sang. Ils descendent ainsi jusqu’au sol de la crypte, la tête battant les marches, et quand ils se relèvent en titubant, ils voient au-dessus de la foule sombre, entre les piliers noircis, la voûte revêtue d’argent, toute ruisselante de lumières, et le massif autel d’argent, où le corps de saint Nicolas distille dans l’ombre une manne miraculeuse.
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Mais au cœur des Abruzzes, dans les hauts villages au pied desquels roule la diligence de Sulmona à Gastel di Sangro, on voit passer en vérité les filles des autochtones contemporains des premiers jours de Rome.
Les formes des maisons ne reproduisent pas aussi purement que les costumes de leurs habitans des types anciens. Elles ne semblent vieilles que parce qu’elles sont enfumées et déjetées ; leur misère est informe et les murs décrépits n’ont pas la fierté des femmes en haillons.
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