Marcel Chasseriau

Élie. T. 2 (1856)

Résumé

Marcel Chasseriau Élie. T. 2 (1856)

ÉLISE 113
— Le matin, je vais à l'église; au milieu du jour je travaille, et le soir, je me promène avec un père que j'aime tendrement, sans que j'aie jamais connu l'ennui ou la monotonie.
— Mais, dit M. de Chablay, encouragé par le naïf abandon d'Élise, vous devez passer de longs mois d'hiver sans pouvoir sortir; tout, autour de vous, doit être sombré et dévasté?
— Pardon, monsieur, dit-elle, mon oncle et moi, nous saisissons à la hâte, pour faire notre promenade habituelle, le moment, quelque court qu'il soit, où la neige a cessé de tomber.
Source : Gallica

Marcel Chasseriau Élie. T. 2 (1856)

ÉLISE 205
comme son enfant, lui demander un appui, un conseil, une consolation ; mais au moment où, entraînée par. la force de ses sentiments, elle allait franchir le court espace qui le séparait d'elle, elle s'arrêta soudaine; la vérité, comme un éclair lumineux, jaillissant au milieu de la tempête, passa devant ses regards.
De quel droit, se dit-elle, irais-je troubler par ma douleur ce pauvre père qui m'aime si tendrement, irais-je déchirer son coeur en lui avouant mon amour et mon désespoir ; il m'a dit quelquefois, à tous les instants difficiles de la vie : Pries ! Dieu t'éclairera !
Source : Gallica

Marcel Chasseriau Élie. T. 2 (1856)

ÉLISE 115
— Mais, dit M. de Chablay, pour saisir les différentes beautés d'un paysage, sans jamais s'en lasser, pour comprendre ainsi la nature, il faut être artiste.
— Il faut l'aimer, dit Élise.
— Je ne m'étonne pas, mademoiselle, qu'habitant un si beau pays, vous vous enthousiasmiez pour la nature qui a prodigué ici toutes ses magnificences, car, du haut de ces collines fleuries, on aperçoit les sommets des Pyrénées ; dont les hauts pics arides et grandioses vont cacher leur tête dans les nuages. Vous devez aller souvent les contempler?
Source : Gallica

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