Résumé

Marcel Cohen Rapport sur une mission linguistique en Abyssinie… (1912)

L'amharique possède la principale caractéristique d'un langage écrit et reconnu comme langue officielle d'un Etat plus ou moins centralisé : il est remarquablement un. Recueilli dans le Dambya, dans le Baguémeder, dans le Lasta, dans le Godjam ou dans le Choa, l'amharique est une seule et même langue. Dans l'ensemble il y a une remarquable unité dans la prononciation, non seulement pour l'articulation des divers phonèmes, mais aussi pour l'accentuation et le ton général du discours. Il en est de même pour la grammaire : les formes dialectales sont très rares.
Source : Gallica

Marcel Cohen Rapport sur une mission linguistique en Abyssinie… (1912)

On peut donc à la rigueur traverser le Tigré sans interprète en ne sachant que l'amharique; ce n'est que dans les tout petits villages qu'on peut se trouver embarrassé. Plus que bien d'autres faits, cette pénétration de l'amharique montre la force de l'unité abyssine.
En réaction à cette extension de l'abyssin, et avec un sens politique avisé, les Italiens entreprennent dans la colonie de l'Érythrée de répandre l'usage du tigrina comme langue écrite : l'administration commence à publier des arrêtés en tigrina et a faire usage de cette langue dans la correspondance officielle.
Source : Gallica

Marcel Cohen Rapport sur une mission linguistique en Abyssinie… (1912)

Le gouvernement centralisé, mais à centre mobile, l'humeur voyageuse générale chez les Abyssins jointe à leur faculté de rapide adaptation me semblent être parmi les causes de la relative unité de l'amharique.
J'y ajouterai un fait, qui est au reste fonction des précédents : c'est l'individualisme développé à l'extrême dans la société abyssine : la tribu n'existe pas, le lien de famille est aussi lâche que possible, l'individu est la seule unité absolue.
Source : Gallica

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