Marguerite Audoux

Marguerite Audoux

Résumé

Portrait de Marguerite Audoux Marguerite Audoux Le Chaland de la reine

Michel se leva quand le chaland passa devant lui. Le mouvement qu’il fit réveilla le chien, qui se dressa en aboyant, mais la fille du marinier étendit seulement la main pour le calmer, et elle sourit à Michel. À ce moment, le soleil n’éclairait plus que le haut de la montagne ; le fleuve était devenu plus transparent qu’un miroir ; on ne savait plus si la montagne était en haut ou en bas ; le pré se continuait jusqu’au milieu du fleure, et on voyait les longues herbes trembler dans l’eau. Maintenant, le son des clochettes diminuait et le chaland s’éloignait lentement.
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Portrait de Marguerite Audoux Marguerite Audoux Le Chaland de la reine

Mme Pélissand retint à deux mains sa corbeille sur ses genoux et elle dit, sans regarder sa fille :
— Tu peux jouer encore. Marie.
Cette fois. Marie se retourna pour regarder sa mère. Son regard exprimait la surprise, et c'était comme si elle eut dit tout haut : « Mais qu'a-t-elle donc ? »
Depuis quelques jours, en effet, Mme Pélissand n'était plus la même. Autrefois, elle ne serait jamais entrée au salon pendant que sa fille était au piano. Il en était de même pour le métier d'institutrice de Marie. Mme Pélissand le détestait et ne pouvait supporter que sa fille y employât tout son temps.
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Portrait de Marguerite Audoux Marguerite Audoux Le Chaland de la reine

De temps en temps, un fiacre passait encore au loin, les fers du cheval claquaient sur les pavés comme s'ils ne tenaient plus que par un fil à ses sabots, et les sons creux et gelés de sa clochette passaient clans la nuit comme un avertissement triste.
Marie avait cessé de pleurer et Angélique se tenait toute penchée sur la table, la tête presque sous l'abat-jour de la lampe.
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