Maurice Maeterlinck,
Marie-Magdeleine : pièce en trois actes
(1913)
“ VERUS Rien n'est perdu tant que la vie demeure... MARIE-MAGDELEINE Tais-toi, je t'en supplie!... Laisse-moi seule dans son silence et dans sa volonté... Laisse-moi regarder, écouter autre chose... Je ne l'aime pas encore comme il veut être aimé!... J'ai beau lever les yeux vers son ciel de lumière, je ne vois que sa mort, ses douleurs, son supplice... Son visage immobile, ses yeux qui éclairaient tout ce qu'ils regardaient, sa bouche qui parlait sans cesse de bonheur... Ses pieds que j'ai baisés, inertes et glacés... Vérus! Vérus! pitié!... Je ne peux plus, je n'en peux plus! Je tombe!... ”
