Résumé

Montalembert Revue des Deux Mondes

Quant à moi, je n’ai ni l’espoir, ni même le désir de rentrer dans la vie publique, devenue terriblement triste, difficile et stérile sous le régime de la démocratie impériale. Ma pensée se tourne souvent vers l’Autriche. Tout y va beaucoup mieux depuis deux ans, à ce qu’affirment des témoignages nombreux et divers. La vie parlementaire s’y développe et s’y enracine. Vous savez, chère Comtesse, que, contrairement à votre avis, je regarde cela comme un très grand bien, quoique le parlementarisme ne soit pas, à mes yeux, le seul remède à tous les maux.
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L’Église, mon ami, ce ne sont pas les hommes que l’Église. Les hommes passent, l’institution de Jésus-Christ reste. Les hommes ne sont pas saints, l’institution de Jésus-Christ est sainte : en un mot, l’institution de Jésus-Christ est divine, mais les hommes sont des hommes, et c’est précisément ce qui reste en eux d’humanité qui fait ressortir et éclater la divinité de l’institution. Elle a un côté divin, mais aussi un côté humain. C’est pourquoi il y a et il doit y avoir, dans l’histoire de l’Église, à côté de la lumière, des ombres
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De l’esprit détestable qui, depuis trois siècles, identifie presque partout le catholicisme avec les abus et le despotisme dont l’esclavage américain était la forme la plus révoltante ! De cet esprit que j’ai signalé et qui, dans notre siècle, a enrégimenté follement les catholiques du côté des Turcs contre les Grecs, des Hollandais contre les Belges, des Russes contre les Polonais. Vous êtes trop jeune pour avoir vu comme moi tout le clergé, dans presque toute l’Europe, depuis le pape Grégoire XVI jusqu’au moindre de nos curés, pour l’empereur Nicolas contre l’infortunée Pologne !
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