Napoléon-Magloire Mathé

Résumé

Napoléon-Magloire Mathé Ma cousine Mandine

Mandine a pu vous faire de la peine. Elle a pu manquer au respect qu’elle vous doit. Elle n’en est pas moins une enfant qui vous a été confiée et dont vous êtes tenu de rendre compte. Si elle est malheureuse, si elle est souffrante, si elle est dans le besoin, c’est à vous d’y remédier. La loi divine, comme la loi humaine, vous le commande, vous l’ordonne !...
À ma grande stupéfaction, je vis un éclair de satisfaction passer dans les yeux de l’oncle Toine.
— All’a du chagrin. Mandine ?...
— Oui, mon oncle, elle a de gros chagrins. Ça ne va pas du tout dans son ménage...
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Napoléon-Magloire Mathé Ma cousine Mandine

Si Mandine revenait, pour toi, ce qu’elle était au début de votre vie marié ?
Il secoua la tête tristement et, me regardant avec un sourire navré :
— Tu ne la connais pas comme je la connais, dit-il. Elle est aussi têtue que son père, et elle ne changera jamais. D’ailleurs, je sais qu’elle ne m’aime pas... qu’elle ne m’a jamais aimé. C’était une enfant quand je l’ai mariée ; elle ne connaissait rien de la vie. Maintenant qu’elle a goûté à l’existence mondaine, à la vie réelle, comme elle dit, sa nature, son tempérament de jouisseuse a pris l’ascendance.
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Napoléon-Magloire Mathé Ma cousine Mandine

Et, en effet, un bruit sourd sur le plancher « d’en haut » annonce le saut à bas du lit, tandis que des pas précipités, un va-et-vient nerveux et saccadé, accompagnés de petits gémissements plaintifs, précèdent une course en dégringolade dans l’escalier de bois rude, et l’arrivée essoufflée de Mandine dans la cuisine, claire et propre, où le père et la mère Toine Bougie, ainsi que moi, attendons pour se mettre à table, les premiers avec des visages mécontents, moi avec une forte envie de rire.
— T’es pas lavée ?... t’a pas fait ta prière, bougresse ?... dit la tante « Tophie ».
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