“ Il vous faut, bon gré, mal gré, comparaître! Sous quel nom déposerez-vous? Pas sous le nom de Marguerite apparemment, puisque ce serait encore un faux! Je vous dis que j'ai songé à tout! Ce qui vous compromet le moins, ce qui ne vous compromet point, moi aidant, c'est un peu de complaisance pour ce baron Pottemain, qui vous a tout permis! Quand vous aurez sauvé sa tête, il sauvera la vôtre... Vous serez une femme séparée de fait, de mon consentement tacite, divorcée même si vous voulez... Et voilà tout!—Oh! mon Dieu! murmura Pauline, en tombant à genoux, assistez-moi, inspirez-moi! ”
Résumé
“Barbe-bleue”, est une œuvre de Oscar Méténier. Des thèmes tels que Pottemain, Pauline ou Bois-Peillot y sont abordés.
Citations de Barbe-bleue (Oscar Méténier)
“ Quel artiste!—N'est-ce que cela? demanda Charaintru. Vous n'avez qu'un mot à dire et je fais venir, et je vous amène Romagny mort ou vif... Il serait homme, s'il vous connaissait, madame, à payer pour avoir la bonne fortune de modeler vos traits charmants!—Qui ne le sont plus, s'ils l'ont jamais été, mais dont j'ai la folie de vouloir laisser la mémoire... à l'exemple de la personne plus aimable sans doute, qui m'a précédée dans ce château.—Qu'à cela ne tienne! dit gracieusement Pottemain. Vos désirs sont des ordres, madame, et vous aurez Romagny... puisque telle est votre fantaisie. ”
“ Le bien-être devient plus cher que les personnes, et le sentiment du devoir accompli éclipse l'amour...—Me ferez-vous croire, madame, s'écria Pauline, que l'on ne se marie jamais en somme qu'en vue de se créer un avenir? Me ferez-vous croire que vous, à qui le ciel a départi le meilleur, le plus beau et le plus chevaleresque des époux, vous n'ayez vu en lui que la jonction de deux fortunes? Laissez-moi penser que vous avez commencé par le préférer à tous et par l'aimer!—Je comprends, riposta ironiquement Mme de Guermanton, que vous préjugiez mal du baron sans le connaître. ”
“ Ceci est clair comme le jour, monsieur Pottemain! Si je signe, à la date de ce jour, une pièce quelconque du nom de Pauline, je suis une femme perdue! Marguerite faussaire ou Pauline vivante! Il n'y a pas à sortir de là... Tenez! dans l'un comme dans l'autre cas, il vaut mieux Marguerite assassinée! Que vous importe, au point où vous en êtes, un crime de plus sur la conscience! Tuez-moi donc, monsieur le baron, tuez-moi, si vous êtes assez borné pour ne pas comprendre qu'en feignant de mourir, je vous ai rendu la liberté! ”
“ Jeanne et Pauline, les yeux baissés, échangèrent de loin une inclination muette.Puis Mme de Guermanton regarda son mari bien en face.Il subit ce regard avec la tranquillité d'un homme sûr de lui, malgré sa profonde tristesse.—Souffrez, Jacques, dit-elle, que, pour une fois, je vous résiste. Ce n'est pas alors que vous êtes exposé à une affliction semblable que je me sentirais capable de vous quitter. La place d'une épouse tendre et dévouée est aux côtés de son mari dans les jours d'épreuves! Je veux être ici, lorsque la justice y descendra... Je veux aller en prison si vous allez en prison. ”
“ Et comme tous concluaient à ce que le baron se remariât avec une femme moins sauvage que la trépassée, Pauline devait en conclure à son tour que le Bois-Peillot deviendrait un paradis véritable, quand elle y serait la reine et que tout renaîtrait par ses soins. Il y avait là de quoi l'éblouir et la charmer.Plus elle se réconciliait avec l'idée du mariage, plus elle s'inquiétait du regret que le baron pourrait un jour éprouver d'avoir pris pour femme une pauvre fille qui ne lui apportait en dot que son trousseau et son diplôme d'institutrice. ”
“ Gardez-vous de vous livrer à ces sinistres rêveries! Je suis là, Pauline, et je n'ai que faire de vous dire que l'ancien capitaine retrouverait son épée, un pistolet, un couteau, s'il s'agissait de vous défendre!—Je n'en ai jamais douté, mon ami! Par malheur, bientôt, je vous appellerais en vain, puisque vous retournez à Guermanton.—De grâce, bannissez ces folles terreurs! Votre petit nourrisson a besoin de votre lait. Ne le tarissez pas par des appréhensions que rien n'autorise...—Le malheur marche vite! répéta Marguerite Darcy, en s'abîmant dans une rêverie douloureuse. ”
“ Cette fois, Pottemain bondit comme un lièvre atteint par le plomb du chasseur:—Ah! c'est trop fort!... Parlez nettement, je vous prie, monsieur Romagny!...—Je ne voulais que vous prévenir, dit le sculpteur tranquillement, mais puisque vous tenez à tout apprendre... On disait carrément que Pastouret savait trop de choses... qu'il était devenu gênant... et que vous deviez à une nouvelle obligeance du docteur Marsay...—Le nom de ces misérables? dit le baron d'une voix étranglée par la colère. ”
“ Vous faire sortir de chez vous sous un prétexte qu'il fût impossible à qui que ce soit de suspecter. Je me suis donné l'air d'un malotru, pour vous rendre un signalé service...—Je ne comprends pas, dit le baron étonné.—J'ai remarqué, continua le sculpteur en raillant, depuis que je fréquente Bois-Peillot, que les gens sont chez vous d'une indiscrétion rare... Il m'a été jusqu'à cet instant impossible de parler soit à vous, soit à madame la baronne, sans sentir braquer sur moi des regards indiscrets... C'est le château enchanté et l'on jurerait que les murs ont des oreilles. ”
“ Penses-tu qu'une fille perdue—ce que je ne suis pas, Dieu merci!—ne se sente pas un peu transfigurée lorsqu'un homme de valeur et de mérite, abusé par je ne sais quelle apparence, la traite comme une femme honnête et lui parle la langue des sentiments qu'elle a perdus? Eh bien, quand tu me disais: «Marguerite, je t'aime!» il me semblait que Pauline était bien positivement morte et que j'étais une autre ou une nouvelle femme! Mais tu pleures, mon pauvre Raymond... ”
“ Le baron Pottemain était un homme de trente-six à trente-huit ans, à l'aspect dur, au parler bref. Sa façon de regarder en dessous le fit bientôt surnommer le Sournois.Quant à se plaindre à la nouvelle baronne de la façon d'agir autoritaire de son mari, il n'y fallait pas songer. Il était visible pour tous que la vieille dame n'avait épousé M. Pottemain, pourtant de douze ans plus jeune qu'elle, que mue par un sentiment commun aux femmes sur le retour, lorsqu'elles se sentent incapables de résister aux ardeurs tardives de l'été de la Saint-Martin. ”
“ Pauline était vivante, mais à demi enfouie dans une corbeille de giroflées; les tiges pressées et le sol fraîchement remué avaient amorti sa chute.Quant au baron, il poussait des soupirs à fendre les rochers et couvrait de baisers les petites mains blanches de sa femme.—Ah! Dieu merci, chère amie!... Vous êtes saine et sauve, répétait-il avec effusion... Vous sentez-vous la force de vous lever?—Non! répétait Pauline, je dois avoir le pied démis! Hélas! ajouta-t-elle avec un sourire amer, j'ai la vie dure! ”
“ Pottemain fit une pause, comme ressaisi du désir de se lancer de nouveau à la poursuite du religieux.—Non, pensa-t-il, j'ai bien fait tout à l'heure de ne pas céder à la tentation... J'ai bien fait de ne tuer ni Jeannolin, ni le franciscain dans un premier mouvement de colère... Ce misérable petit pâtre, qui s'est trahi si bêtement, a dit en somme tout ce qu'il savait... Il reste sous ma main et pourra me servir, comme témoin et complice de l'évasion, à retrouver les traces de cette Pauline Marzet. Quant au capucin, je n'aurais jamais fait que charger ma conscience d'un meurtre dangereux... ”
“ Et, après ce petit discours, empreint d'un léger persifflage, le baron Pottemain tourna les talons, laissant Pauline à son travail.La jeune femme, si seule dans ce manoir plein de visages louches, s'était prise pour Jeannolin d'une affection singulière.Elle avait résolu de conquérir l'amitié de ce petit sauvage, bien moins berdin qu'on ne voulait le dire, mais dont l'intelligence fruste avait besoin d'être développée et cultivée.Elle continuerait ainsi la tâche de la défunte châtelaine, à laquelle le pauvre être avait gardé un souvenir si reconnaissant. ”
“ Or, la vie, si courte quand elle est remplie, est d'une longueur désespérante quand elle est vide.On peut bien se jeter à la nage pour traverser un détroit; mais on est bien aise de rencontrer, chemin faisant, une barque où se reposer, quand le courage du nageur est trahi par ses forces.C'est ainsi que Pauline, avec le tour original de son caractère, sa beauté expressive, son passé voyageur, sa saveur méridionale, avait semblé à Jacques une distraction nécessaire dans une vie monotone. ”
“ Monsieur, dit-elle au baron, vous avez choisi le moment où vous me présumiez seule pour venir me menacer de mort, si je résistais à votre fantaisie. Je suis prête à mourir... mais aussi à me défendre... Mais avant de recourir à d'autres moyens, j'essaierai de raisonner avec vous... Qu'exigez-vous de moi? Une signature authentique qui à présent serait un faux, puisque je passe pour morte? Je ne puis raisonnablement y consentir... A tort ou à raison, il existe entre le décès légal de la baronne Pottemain et Marguerite Darcy... un abîme! ”
“ La fine mouche s'était rendu compte qu'un homme de l'âge du baron ne peut épouser une femme de cinquante ans que par intérêt et que la monotonie d'un tête-à-tête perpétuel, dans un château isolé, avec une matrone aussi respectable, devait rapidement devenir intolérable.De là à chercher une compensation dans les bras d'une commère aussi plantureuse et aussi pleine de bonne volonté que la belle Bourbonnaise, il n'y avait qu'un pas.En effet, six mois ne s'étaient pas écoulés depuis la prise de possession de Bois-Peillot par le baron Pottemain que Victorine était devenue sa maîtresse. ”
“ Pauline rassembla ses forces et, appuyée sur le rebord de la fenêtre:—Vous êtes un assassin! fit-elle, entendez-vous, un assassin... Je le sais... Je ne veux être ni votre victime, ni votre complice...—Allez-vous continuer à m'outrager de la sorte! hurla le baron, hors de lui.—L'outrage n'est rien, dit Pauline. Le crime est tout!... Ce sera le troisième. ”
“ Adieu, pauvre Pastouret!Tout le monde pleurait et le baron se détourna pour cacher son visage dans son mouchoir.Après quoi, ayant salué le curé et les assistants qu'il remercia, il rejoignit Pauline, qui l'avait accompagné en voiture, et rentra à Bois-Peillot.Il était à peine de retour, quand un homme couvert de sueur arriva en courant dans la cour du château:—Monsieur le baron, le feu est à votre grange de Sainclair!—Quoi! fit Pottemain, à Sainclair! Mais il y a là quarante mille gerbes? A-t-on fait battre la générale? A-t-on couru aux cloches? Y a-t-il des pompiers? ”
“ Cette fois Pottemain se fâcha. Il interrompit son opération et, se retournant vers sa servante:—J'en ai assez, s'écria-t-il, de tes observations et de tes familiarités. Tu sais à quelles conditions je t'ai gardée à mon service?—Vous ne pouviez guère faire autrement... riposta aigrement Victorine, à moins de vous conduire avec moi comme avec ce pauvre Pastouret.—Que veux-tu dire? cria le baron, menaçant.—Moi? Oh! rien!—Tant mieux! Mais tu sauras que je ne crains personne... et j'entends être le maître chez moi et savoir tout ce qui s'y passe... ”
“ C'est qu'il est malheureux à Paris et que, par comparaison avec le Luxembourg, qu'il voit de ses fenêtres, il trouvera les murs de Rouchamp, où il sera heureux, beaucoup plus gais... et il s'y attachera et surveillera plus attentivement les cultivateurs... Comme il est intelligent, il ne sera pas long à se mettre au courant...—Ce qu'il y a de certain, dit Jeanne, c'est que je n'irai pas souvent lui rendre visite!Son mari eut sur les lèvres le mot:—Heureusement!Il avait sur le cœur la ressemblance de Marguerite et de Pauline et, bien loin d'en parler, il craignait d'y penser lui-même. ”
“ C'est l'homme le plus sûr, comme le plus brave qui existe! Il n'y a point à se défier de lui! Raymond, malgré l'horreur des afflictions que je fais peser aujourd'hui sur toi, comme sur lui, ne me pardonneras-tu pas, comme lui m'a pardonné déjà?—Le rôle de Jacques et le mien sont assez différents, répondit avec accablement Raymond Darcy. A supposer que je pardonne à Marguerite la dissimulation de Pauline, comment lui pardonner la tragédie où mon ami et sa famille se trouvent mêlés, en récompense de leurs bienfaits? ”
“ Et Romagny tira de son portefeuille la lettre suivante qu'il présenta à la baronne:«Veux-tu, mon vieux Romagny, faire le buste d'une femme aimable, distinguée et ennuyée? Prends tes outils, un sac de plâtre et un ballon de terre à modeler et amène-toi!...«On donne à boire et à manger à juste prix.«H. de Charaintru.»—De quel droit, demanda Pauline en remettant le billet à l'artiste, votre vicomte me traite-t-il de femme ennuyée?—Vous le savez sans doute mieux que moi! répliqua Romagny d'un air candide. ”
“ Ces paroles furent prononcées avec un accent net et cassant auquel le baron affecta de ne pas prendre garde.Il reprit sans aucune ironie:—Seriez-vous donc membre de la Société protectrice des animaux?—Non, répliqua Pauline, et je sais à peine ce que c'est; mais j'ai, pour les animaux comme pour les humains, les sentiments de la nature.—De quelques natures à part, devriez-vous dire, car la nature est essentiellement féroce et l'antagonisme est sa loi. Elle ne crée que pour détruire et tout ce qu'elle anime souffre... Mais pardon! ”
“ Le baron n'était pas plus curieux que Charaintru d'envenimer l'affaire, mais que dire?Romagny s'exaltait en parlant, prétendant que, si Pottemain avait brouillé le jeu, cela devait dénoter une habitude vicieuse; que jamais, même en jouant à deux sous la fiche, un homme du monde ne devrait se permettre d'aussi détestables plaisanteries; qu'il se croyait d'autant plus le droit de prendre la chose au tragique qu'aucun intérêt d'argent n'était sur le tapis; qu'enfin, lui, Romagny, mourrait de honte s'il était convaincu d'avoir regardé une seule carte à contre-jour. ”
“ Le capucin s'inclina profondément. C'était un homme jeune encore, assez chétif, d'une haute taille et dont la barbe rousse était la seule chose abondante et forte qui parût en lui.La ferveur et la simplicité du dévouement chrétien luisaient dans ses yeux limpides, et ses pommettes saillantes, sur ses joues creuses et pâles, donnaient à son visage aquilin le type des anciens solitaires.—C'est une bonne fortune pour moi, mon père, dit Mme Pottemain, que votre arrivée sous notre toit. ”
“ Bertrand Cassecou est acquitté; la grange est en pleine reconstruction et la nature a jeté un tapis de verdure sur la cendre des bruyères que tu as incendiées... Ainsi nul ne songe plus à toi...—M. le baron me regarde pourtant toujours avec des yeux...—Non! C'est un enfantillage... D'ailleurs, le meilleur moyen d'être oublié par le baron, c'est de ne plus demeurer sous son toit... La servitude n'est ni de ton goût, ni de ton âge... Tu vas rentrer à la ferme et retrouver le pauvre Bas-Rouge qui te regrette toujours... ”
“ Dès que Pauline Marzet eut refermé la porte, Jacques de Guermanton entra dans une de ces franches colères qui se déchaînent parfois chez les hommes les plus maîtres d'eux-mêmes, quand on les frappe au plus sensible de leur cœur. ”
“ A égale distance entre Moulins et Souvigny se trouve un canton boisé que l'on prendrait volontiers pour un coin de l'ancienne Gaule.C'est un continent de verdure haute et profonde où les champs labourés ne forment que des golfes épars.Il y a là une propriété moins agricole que forestière, connue sous le nom de Coupes de Guermanton, où, sur les rares débris d'un château qui fut brûlé à l'époque de la Révolution, s'élève un cottage pimpant, confortable, faisant face au levant et au couchant et dont on n'aperçoit rien de la grande route, que les girouettes. ”
“ Tout à coup une idée lui traversa la tête.—Avez-vous rencontré à Paris ou ailleurs, demanda-t-elle à brûle-pourpoint, un sculpteur du nom de Romagny?—Oui, madame, et non pas rencontré seulement, mais fréquenté, car je vois quelques artistes. Ce sont des toqués qui m'amusent, pourvu que cela ne dure pas trop longtemps! Romagny est un fort aimable garçon, et qui serait bien partout, s'il était moins fantasque.—J'en sais quelque chose, dit Pottemain, à une fatale époque de ma vie, voulant éterniser une figure qui m'était chère, je l'appelai ici... ”
“ Il salua poliment sa femme, l'appelant de son prénom, de l'air le plus dégagé du monde.A son approche, Pauline avait frémi. Elle lui répondit, néanmoins, sur le même ton et sans se déranger, quoique avec moins d'aisance.—Oh! mais, vous tirez à ravir! fit le baron. Vous chassez volontiers... je parierais.—Mon père, repartit Pauline, m'a donné l'habitude des armes à feu et je me suis fréquemment exercée, à Guermanton, avec une carabine de salon; mais je ne chasse pas... ayant horreur d'ôter aux êtres vivants ce que je ne puis leur rendre. ”
“ Que ce sentiment ne s'étend-il jusqu'au bonheur de votre mari!...—Vous?... mon mari?... Ah! c'est vrai!Et Pauline regarda le baron d'un air de telle hauteur et de tel mépris qu'il en frissonna, lui que rien n'effrayait trop sur la terre.Dans ce coup d'œil, elle remarqua qu'il n'avait plus de barbe et que cette métamorphose mettait au jour la brutalité de ses traits. C'était un autre homme et comme la mise à nu de l'homme intérieur.—Vous êtes changé, dit-elle involontairement.—Mais prêt à recouvrer mes avantages, s'ils doivent me faire recouvrer votre sympathie. La barbe pousse vite. ”
“ Ces lettres, fort courtes et assurément très étudiées, étaient conçues avec une simplicité et une bonhomie apparentes qui intéressaient Pauline comme la correspondance d'un père ou d'un vieux parent.Il lui restait à s'accuser du désappointement qu'elle éprouvait de ne pas y découvrir la passion, ce quelque chose qui fait vibrer la tête et le cœur.—Voilà, pensait-elle, en quoi je suis folle; je voudrais trouver les transports d'un amoureux classique dans des missives dictées à un veuf de plus de quarante ans par une touchante et paisible amitié! ”
“ Elle eut en effet lieu, le soir après dîner, entre Jacques, la châtelaine et Pauline. Elle fut assez vive, mais concluante.—En résumé, dit Jacques, après quelques escarmouches entre les deux dames, un veuf riche qui passe pour avoir rendu sa première femme heureuse, pense à vous, ne pouvant prétendre à trouver à la fois chez une seconde femme et les grâces que vous avez et la fortune que vous avez perdue. Je comprends, si vous voulez, que la proposition vous surprenne, car un veuf riche, sans enfants, trouve toujours à épouser la fortune en secondes noces. ”
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