Résumé

Paul Berret Revue des Deux Mondes

« Pour les grands peintres comme Shakspeare, le cœur de la femme est l’infini dans le grand ; pour Balzac, c’est l’infini dans le mignon ; pour Hugo, c’est un abime, pour Balzac, c’est une corolle. » C’est du Victor Hugo improvisé, qui s’imite lui-même, et qui, de premier jet, n’a pas toujours le goût sur : les preuves en abondent dans ses manuscrits ; jamais personne n’a mieux su se corriger ; mais ici le temps lui manque et la conscience aussi : il se révèle à nu, avec ses tares.
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Paul Berret Revue des Deux Mondes

Sa croyance a été naïve, et les spirites lui gardent rancune du mauvais tour qu’il leur a joué. Mais en revanche son génie a reçu des tables un agrandissement inattendu. Toutes les prédispositions nerveuses de Victor Hugo à la terreur, parce qu’il les a crues d’origine supra-terrestre, ont ébranlé sa lyre d’un frémissement apocalyptique.
Une singulière confusion s’est faite dans son imagination entre la voix des prophètes et celle des Esprits. Comme il le dit lui-même, il s’est cru emporté par le souffle qui soulevait Elisée :
L’Esprit fait ce qu’il veut.
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Paul Berret Revue des Deux Mondes

Le mot c’est la chaîne de l’esprit ; l’image c’est le carcan de la pensée. Votre idéal c’est le collier de l’âme. Votre sublime est un cul-de-basse-fosse ; votre ciel est le plafond d’une cave ; votre langue est un bruit relié dans un dictionnaire, ma langue à moi c’est l’immensité, c’est l’océan, c’est l’ouragan ; ma bibliothèque contient des millions d’étoiles, des millions de planètes, des millions de constellations. L’infini est le livre suprême et Dieu est le lecteur éternel.
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