Paul Lefaivre

Résumé

Paul Lefaivre Revue des Deux Mondes

Il arrive de là que les mêmes hommes qui vivent petitement dans d’étroites demeures, visent souvent au gigantesque dès qu’il s’agit des monumens publics. Les Américains ont placé sur le lieu dont ils voulaient faire leur capitale l’enceinte d’une ville immense, qui aujourd’hui encore n’est guère plus peuplée que Pontoise, mais qui, suivant eux, doit contenir un jour un million d’habitans ; déjà ils ont déraciné les arbres à dix lieues à la ronde de peur qu’ils ne vinssent à incommoder les futurs habitans de cette métropole imaginaire.
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Paul Lefaivre Revue des Deux Mondes

« Shakspeare parle quelque part d’un de ces hommes dont chaque pouce est un homme ; l’Amérique est une patrie dont chaque ville est une patrie, une république dont chaque ville est une république, un immense corps dont chaque ville est un corps. »
Une différence est à noter, toutefois : c’est que le citoyen de Washington n’a, dans son district, qu’un citizenship tout académique. Il ne vote pour rien, ni pour personne, et quoi qu’en dise tel ambitieux sans patron ou tel politicien sans clientèle, il ne désire pas voter.
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Paul Lefaivre Revue des Deux Mondes

Le jeune Washingtonien, lui, fidèle au génie de sa race, est, à cinq cents, à mille lieues du home, dans les affaires, en pleine lutte. Sportsman dans les moelles, habile à l’aviron, familier du polo et du hase bail, épris du yachting et des grandes chasses à l’élan, à l’ours gris, il se conforme pourtant d’instinct à la loi qui veut que la fortune ait pour unique rançon le travail. Dans les mines, parmi les troupeaux de son ranch, au Stock Exchange, ou à son usine, il gagne largement, mais laborieusement, une vie dans l’ampleur de laquelle s’épanouiraient deux ou trois de nos « viveurs. »
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