Pierre Louÿs

Pierre Louÿs

Œuvres complètes de Pierre Louÿs… (1894 (Chansons de Bilitis))

Résumé

Portrait de Pierre Louÿs Pierre Louÿs Œuvres complètes de Pierre Louÿs… (1894 (Chansons de Bilitis))

Quand les filles couchent à deux, le sommeil reste à la porte. « Bilitis, dis-moi, dis-moi qui tu aimes. » Elle faisait glisser sa jambe sur la mienne pour me caresser doucement.
Et elle a dit, devant ma bouche : « Je sais, Bilitis, qui tu aimes. Ferme les yeux, je suis Lykas. » Je répondis en la touchant : « Ne vois-je pas bien que tu es fille ? Tu plaisantes mal à propos. »
Mais elle reprit : « En vérité, je suis Lykas, si tu fermes les paupières. Voilà ses bras, voilà ses mains ... » Et tendrement, dans le silence, elle enchanta ma rêverie d’une illusion singulière.
Source : Wikisource

Portrait de Pierre Louÿs Pierre Louÿs Œuvres complètes de Pierre Louÿs… (1894 (Chansons de Bilitis))

Mélixô, les jambes serrées, le corps penché, les bras en avant, tu glisses ta double flûte légère entre tes lèvres mouillées de vin et tu joues au-dessus de la couche où Téléas m’étreint encore.
Ne suis-je pas bien imprudente, moi qui loue une aussi jeune fille pour distraire mes heures laborieuses, moi qui la montre ainsi nue aux regards curieux de mes amants, ne suis-je pas inconsidérée ?
Non, Mélixô, petite musicienne, tu es une honnête amie. Hier tu ne m’as pas refusé de changer ta flûte pour une autre quand je désespérais d’accomplir un amour plein de difficultés. Mais tu es sûre.
Source : Wikisource

Portrait de Pierre Louÿs Pierre Louÿs Œuvres complètes de Pierre Louÿs… (1894 (Chansons de Bilitis))

De leurs ailes, sur les femmes nues, ruisselaient des gouttes de senteur. Je fus inondée d’essence d’iris.
Ô lassitude ! je reposai ma joue sur le ventre d’une jeune fille qui s’enveloppa de fraîcheur avec ma chevelure humide. L’odeur de sa peau safranée enivrait ma bouche ouverte. Elle ferma sa cuisse sur ma nuque.
Je dormis, mais un rêve épuisant m’éveilla : l’iynx, oiseau des désirs nocturnes, chantait éperdument au loin. Je toussai avec un frisson. Un bras languissant comme une fleur s’élevait, peu à peu vers la lune, dans l’air.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature