Pierre Louÿs,
Œuvres complètes de Pierre Louÿs…
(1894 (Chansons de Bilitis))
“ Quand les filles couchent à deux, le sommeil reste à la porte. « Bilitis, dis-moi, dis-moi qui tu aimes. » Elle faisait glisser sa jambe sur la mienne pour me caresser doucement. Et elle a dit, devant ma bouche : « Je sais, Bilitis, qui tu aimes. Ferme les yeux, je suis Lykas. » Je répondis en la touchant : « Ne vois-je pas bien que tu es fille ? Tu plaisantes mal à propos. » Mais elle reprit : « En vérité, je suis Lykas, si tu fermes les paupières. Voilà ses bras, voilà ses mains ... » Et tendrement, dans le silence, elle enchanta ma rêverie d’une illusion singulière. ”
