Résumé

R.-A. B. Récits Dunois. Châteaudun pendant l'invasion… (1871)

Sur un cylindre un autre étend une peau d'âne, et voici le roulement du tonnerre.
Le violon qui chante, qui pleure, dont la voix sonore traduit, en les caressant, toutes les passions de l'âme, nous ne l'avons pas.
Le tambour qui tonne, qui précipite soldats et citoyens au devant de la mort; le tambour qui a battu la charge à Jemmapes, à Valmy, à Fleurûs, nous ne l'avons pas.
Ainsi, ni le violon, ni le tambour; rien
de ce qui touche, de ce qui ravit ; rien de ce qui enlève, de ce qui électrise.
Pour tout bagage, le bâton du voyageur; l'amour de la patrie pour seule force.
Source : Gallica

R.-A. B. Récits Dunois. Châteaudun pendant l'invasion… (1871)

Le voyageur qui, en Grèce, va interroger les siècles passés, n'aperçoit jamais un champ de bataille sans être pénétré d'un sentiment de grandeur inconnu. Pour la contemplation des grandes choses, Dieu élève notre âme. Cette force momentanée, cet élan éphémère, cette lumière, ce feu, ce frisson presque divin, nous nous en sentons rempli. Grâce à cette transformation subite de tout notre être, nous nous croyons assez grandi pour élever nos regards jusqu'à vous.
« Beau cuirassier de Waterloo, intrépide
cuirassier de Freschwiller, encore une fois salut! »
Les charriots roulaient toujours.
Source : Gallica

R.-A. B. Récits Dunois. Châteaudun pendant l'invasion… (1871)

La face, forte en couleur, porte de longs favoris flottants d'un blond vif, qui descendent sur les joues et les recouvrent. La bouche est serrée, et l'œil, presque tout entier, disparait sous une paupière alourdie par les veilles et les fatigues.
Derrière ce personnage vêtu si simplement, presque à ses côtés, chevauche un adolescent, un enfant. Il grelotte. Son visage pâle, son regard attendri intéressent. Peut-être rêvet-il à sa mère, à sa patrie, à toutes ces nobles
et saintes choses que l'on n'abandonne jamais sans larmes, que l'on ne revoit jamais sans larmes.
Source : Gallica

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