Raoul de Navery,
Le cloître rouge
(1877)
“ J'ai vu peindre Hugo van Goës, murmura le pauvre fou. On disait qu'il avait du génie. Hemling chargea rapidement sa palette de tons frais, et, tandis que l'orchestre jouait avec une douceur plus pénétrante, l'artiste commença la figure de la jeune femme. Il peignit d'abord son front pur et blanc, son nez d'un dessin correct comme celui des beaux profils grecs, sa bouche grave sur laquelle errait un sourire humide. Hugo se pencha davantage, sa respiration devint difficile, ses doigts nerveux s'agitèrent. Évidemment, il luttait avec peine contre l'envahissement d'une pensée terrible. ”
