Résumé

Portrait de Raoul de Navery Raoul de Navery Souvenirs du pensionnat. Drames et mystères dédiés aux élèves des maisons du Sacré-Coeur… (1857)

CLÉON, le frappant.
Tiens, honnête porcher.
ZORACH.
Il ne pourra survivre.
(Ils s'éloignent.) NATHANIE , seul.
Est-ce assez de douleur, de honte, de mépris ? Désormais plus de pleurs, de retards et de cris, N'attendons que du ciel le secours que j'espère. Combien de serviteurs sous le toit de mon père Vivent dans l'abondance, et mai je meurs de faim... J'ai perdu tous mes droits à mon heureux destin ; Mais je peux le servir ainsi qu'un mercenaire. Oui, je me lèverai, j'irai trouver mon père ! Soutenez-moi, Seigneur, dans ce dernier effort ! Qu'un regard adoucisse ou ma vie ou ma mort.
Source : Gallica

Portrait de Raoul de Navery Raoul de Navery Souvenirs du pensionnat. Drames et mystères dédiés aux élèves des maisons du Sacré-Coeur… (1857)

NATHANIE.
La faim ! l'horrible faim hurle dans mes entrailles, Elle me tord le coeur ainsi que des tenailles... Les champs n'ont plus de blé, la famine est partout. Le peuple décimé de courage est à bout ; Et moi, plus misérable et plus abject encore, Je gagne dans les fers un pain qui déshonore ! Esclave... moi, sentir à mon cou, sur mes bras, Ce joug qui m'humilie et qui relient mes pas ! Où donc est ton orgueil, fils indigne et prodigue? A tes débordements tu n'as pas mis de digue, Dieu ne doit pas en mettre au poids de ton malheur, Sur ton front criminel s'épuise sa fureur...
Source : Gallica

Portrait de Raoul de Navery Raoul de Navery Souvenirs du pensionnat. Drames et mystères dédiés aux élèves des maisons du Sacré-Coeur… (1857)

Vous savez le nombre des taureaux Qu'on ravit pour l'autel à nos riches troupeaux ; Envers le Dieu des Juifs vous osez être avare ! Mon fils, l'amour du gain vous trouble et vous égare ! Depuis quand sous ce toit a-t-on jamais compté Le chiffre de l'aumône aux malheureux porté ? Quel enfant a jamais osé dire à son père : Trop de sang a coulé pour le Dieu qu'on révère? Joël ! Joël, mon coeur est affligé de voir Que la vertu, pour vous, n'est rien qu'un strict devoir. Si vous obéissez par respect et par crainte, Vous n'avez pas l'élan de la charité sainte !
Source : Gallica

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