Résumé

Portrait de Édouard Cat Édouard Cat Revue des Deux Mondes

Non seulement, comme dans tout le monde musulman, le Coran y est à la fois l’évangile et le code, non seulement c’est par le nom de Dieu que commencent et finissent tous les écrits et tous les actes, en son nom que se donnent l’hospitalité et l’aumône, mais de plus le sultan qui règne est de la famille même du Prophète, l’autorité réelle est partout entre les mains de personnages réputés saints par leur origine ou leurs actes. C’est par milliers qu’on y compte les chérifs ou descendans du Prophète, les marabouts ou religieux, les santons ou inspirés.
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Les sultans se firent inscrire comme khouan de l’ordre, envoyèrent des cadeaux aux chefs, prirent souvent leurs avis, et par suite la congrégation des Taybiya devint comme une secte nationale opposée à celle des Quadrya, qui recevait son mot d’ordre de l’étranger, de Bagdad. On attribue à Moulei-Tayeb ce mot : « Nul de nous n’aura l’empire, mais nul ne l’aura sans nous. » C’est, en tout cas, une tradition que, à la mort du sultan, celui des prétendans à l’empire qui est reconnu par le chérif d’Ouazzan est le sultan légitime.
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Même le sultan de nos jours n’est pas à proprement parler un souverain temporel ; son autorité lui vient de ce qu’il est descendant de Mahomet, de ce que dans cette famille sainte, infiniment nombreuse, il a été choisi pour être le commandeur des croyans, le vicaire du Prophète, une sorte de souverain pontife ; à ses yeux comme aux yeux de ses sujets, il est le chef suprême de l’Islam, et le sultan de Constantinople n’est qu’un usurpateur. Les impôts qu’on lui paye sont des redevances religieuses.
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