H. de la Martinière

Résumé

H. de la Martinière Revue des Deux Mondes

Redoutons que la Métropole, avec ses poussées d’implacable logique, tente d’y introduire ses méthodes d’assimilation prématurées dont quelques-unes ont été funestes à l’Algérie. Notre belle colonie s’en est accommodée et, de nos jours, elle est parvenue à une prospérité qui fait l’admiration justifiée des Américains, Anglais, Hollandais, grands connaisseurs en œuvres coloniales ; l’Algérie peut donc revendiquer l’honneur d’avoir été l’embryon de notre empire dans l’Afrique du Nord.
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V Telle quelle, la convention de Lalla Mar’nia nous permit néanmoins d’atteindre le but principal de notre action diplomatique, c’est-à-dire de serrer Abd-el-Kader. « Le traité de Lalla Mar’nia, écrivait le comte de La Rue, n’est pas une simple convention de limites, mais en même temps et surtout un traité de principe qui partage, entre un prince chrétien et le sultan du Maroc, des populations musulmanes ; qui place l’empire d’Algérie sur le pied d’égalité avec l’empire du R’arb, et qui nous reconnaît le droit de poursuivre Abd-el-Kader jusque dans l’intérieur du désert marocain. »
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Or, cette région en réalité à demi indépendante est depuis de longues années l’apanage d’une famille dont la réputation, le prestige religieux, s’étendent encore de nos jours fort loin. Tous les indigènes de cette partie du Maroc ne reconnaissent en effet qu’une autorité, celle du marabout qui réside à Bou-el-Djad, où l’on répète volontiers la fière devise : « Ici ni sultan ni makhzen, rien que Dieu et Sidi-ben-Daoud ; » et cette influence spirituelle devient aisément un redoutable pouvoir temporel.
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