Résumé

Portrait de Jules Duval Jules Duval Revue des Deux Mondes

À la Martinique, la viabilité est dans un état de barbarie indigne d’un peuple civilisé. Il n’y existe pas une seule voie sur laquelle puisse rouler une diligence ou une charrette. Les chemins ne sont accessibles qu’aux cabrouets, les chars à bœufs de la culture locale. Saint-Pierre et Fort-de-France, éloignés de 30 kilomètres, ne communiquent que par mer. Dans l’intérieur, pas une route ! Les excuses ne manquent pas, et la première de toutes se tire de la configuration très accidentée du sol. Sans nier le fait, il ne saurait s’imposer à l’intérêt public, ni à l’industrie moderne.
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Le temps fait le reste. Inspirons-nous des mêmes sentimens en Afrique; gardons-nous de vouloir plier de force à nos habitudes civilisées d’Europe une nature immuable et des sociétés séculaires; plions-nous quelque peu nous-mêmes aux exigences d’un milieu si nouveau, comprenons-le du moins, et nous agirons sur lui efficacement. Contentons-nous de préparer pour l’avenir l’union féconde des deux races. La seule unité à poursuivre aujourd’hui consiste dans la reconnaissance de l’autorité française par l’obéissance à ses lois, par le paiement de l’impôt et le respect de la tranquillité publique.
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Qu’une métropole puisse avec dignité consentir à l’indépendance d’une colonie, comme une mère à l’établissement libre de ses enfans, on aime à le penser, au risque de caresser peut-être une illusion ; mais des raisons capitales interdisent à tout jamais une telle abnégation envers l’Algérie, qui occupe le long de la Méditerranée, en face de Marseille et de Toulon, non loin de Gibraltar et de Malte, la position maritime la plus redoutable peut-être de l’ancien continent.
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