Élie Berthet,
Le cadet de Normandie. Tome 2
(1853)
“ Oh ! veuillez m'entendre, monseigneur, dit Elisabeth avec chaleur ; nul ne sait combien ce loyal jeune homme a souffert par moi et pour moi; nul ne sait de quels amers reproches il aurait le droit de m'accabler aujourd'hui si je ne le consolais dans sa chute, dont je suis la seule cause. Avant que l'ambition de ma bonne aïeule pour moi m'eût condamnée aux pompes, aux splendeurs importunes de la cour, j'aimais Fabien, et Fabien m'aimait; notre affection devait être supérieure à toutes les vicissitudes de position et de fortune, nous nous l'étions juré, nous étions fiancés devant Dieu. ”
