Résumé

Émile Bayard Le style moderne : l'art de reconnaître les styles (1919)

Le génie de A. Rodin a été décrété sur l'heure – pour une fois Goncourt eut tort qui prétend que le génie est le talent d'un homme mort – et, malgré qu'il n'en ait pas été de même pour Puget, Barye, Rude, Carpeaux, Dalou, Rodin porte en lui les vertus et les défauts opposés qui confinent au génie. Il a rendu le mouvement de la vie comme on n'y avait certainement point atteint avant lui, et, pour y réussir, les moyens importent peu, d'autant que ces moyens débordent d'un immense talent qui, répétons-le, certifie leur sincérité.
Source : Gallica

Émile Bayard Le style moderne : l'art de reconnaître les styles (1919)

Réconcilions-nous donc devant la beauté véritable où qu'elle soit, en la situant s'il le faut, à son époque, au goût de son heure. Et, le mauvais goût, selon Flaubert, c'est invariablement le goût de l'époque précédente. L'art n'est point fatalement beau parce qu'il est ancien ou antique, certes ; mais la moindre excentricité d'art n'est pas séduisante en raison de son seul modernisme. L'originalité ne consiste point à marcher sur la tête, et il existe de nos jours un éclectisme en porte-à-faux qui apparaît des plus réjouissants.
Source : Gallica

Émile Bayard Le style moderne : l'art de reconnaître les styles (1919)

En revanche, M.E. Guichard, au chapitre du meuble de luxe, conclut lumineusement à la « nécessité de reconstituer une élite nombreuse de connaisseurs ».
Former le goût du public, tout est là ! Il ne suffit point, hélas ! que les artistes créent de la beauté, pour que cette beauté s'impose ! L'industrie marche logiquement à la remorque du goût public. « Ce n'est pas elle (l'industrie) , qui achète, a dit le comte de Laborde, c'est elle qui vend ; ce n'est pas elle qui peut faire la loi, car elle sollicite la faveur de tout le monde ; c'est elle qui obéit à la loi imposée par tous. »
Source : Gallica

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