Émile Deslandes

Résumé

Émile Deslandes Coeurs de marins (1894)

Dans chaque esprit généreux, il y a un germe, petit chez les uns, puissant chez les autres. Il grandira...
— Car il est espagnol !... interrompit Martinenq. — Il grandira ! continua Carré, en dédaignant l'interruption, jusqu'à ce que le messie nouveau que le peuple attend paraisse.
— Comme les juifs ? dit Cosmao.
— Oui, reprit Carré, mais pas le même. L'école juive ne vise que la matière ; le peuple veut un messie qui soit le continuateur du Christ, un messie qui rende à la terre la justice et la liberté.
— Mais, mon bon commandant Carré, dit Rosita,
il n'y a pas besoin de messie...
Source : Gallica

Émile Deslandes Coeurs de marins (1894)

Martinenq s'inclina.
— Ce sont les plaintes éternelles des marins trépassés! dit l'abbé Nicolas.
— Vous êtes gai, l'abbé! C'est poétique, mais pourquoi se plaindraient-ils? Y a-t-il un plus merveilleux tombeau que cette grande mer ?
— C'est vrai, interrompit Martinenq. On est bien sûr de ne pas y être dérangé par quelque iconoclaste ou par quelque industriel qui fera de vos os du noir animal ou de la couleur pour les artistes.
— Eh bien ! dit Marguerite intervenant, ils n'ont pas à se plaindre : ils rendent service à l'humanité.
Il reprit sa promenade.
Le gros major dit :
— Il a raison.
Source : Gallica

Émile Deslandes Coeurs de marins (1894)

L'homme de vigie n'a rien vu. Tout dort, tout est confiance à bord. La mer est libre, aucun écueil n'est signalé sur la carte. Rien que la mer immense. La frégate avance toujours. Peut-être s'est-il trompé, peut-être est-ce une hallucination ?
Le remords le prend, la peur le saisit. Cette attente est trop cruelle : il va commander. Il ouvre la bouche pour appeler le maître. Trop tard !... Un léger choc
se produit, et la frégate, avec toute sa vitesse, glisse sur un fond de sable en pente douce, avec un frottement prolongé, terrifiant.
Source : Gallica

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