Émile Grimaud

Résumé

Émile Grimaud Récits vendéens (1879)

Huit jours après nous prenions congé de la famille de Georges, tout éplorée de la séparation, mais résignée à ce sacrifice nécessaire. Sa pauvre mère me dit tout bas: Oh! Monsieur, je vous en prie, remplacez-nous, son père et moi, auprès de ce cher enfant !
Je le lui promis avec émotion, et je me le promis à moi-même: de cet instant, je regardai mon jeune collègue comme mon propre fils, et je ne sais quel sentiment nouveau, quelle tendresse inconnue
s'insinua dans mon cœur, semblable à celle qui fleurit au cœur d'un père, sous le premier souffle et au premier cri d'un nouveau-né.
Source : Gallica

Émile Grimaud Récits vendéens (1879)

Pauvre Georges ! je le vois toujours sur sa couche funèbre, pâle, maigre, comme un homme qui a grandement souffert, mais beau, mais souriant de ce sourire éthéré dont s'empreint la face de l'agonisant à la minute où l'âme, qui se dégage du corps, jouit des premières et ineffables délices que cause la vue du ciel, des anges et de Dieu.
Comme Rachel, Marguerite ne se consola point, parce que la plus chère moitié d'elle-même n'était plus. Elle vit encore; l'âge et la douleur l'ont vieillie ; mais l'image et le souvenir du jeune époux sont toujours aussi vivants dans son cœur.
Source : Gallica

Émile Grimaud Récits vendéens (1879)

Nous te ferons donc grâce de la peine capitale, si tu veux nous jurer de devenir une vertueuse patriote, une vraie citoyenne, et, comme telle, de renoncer à tous rapports avec les aristocrates et les calotins. Dis-nous donc : Je le jure !
et puis scelle ton serment du cri de : Vive la République !.
Madeleine n'en croyait pas ses oreilles. La Fromentière en cendres, ses parents, son fiancé égorgés, René qui allait périr, le piège exécrable tendu à sa vertu, tout cela passa comme un éclair devant ses yeux, et, d'une voix vibrante, elle s'écria : — Vive Dieu et le roi !
Source : Gallica

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