Émile Verhaeren

Émile Verhaeren

Résumé

Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Les Aubes

Tous les deux, vous avec crainte et moi avec ferveur, nous la sentons inévitable et imminente. Voilà pourquoi vous avez recours à moi ; voilà pourquoi j’ai l’audace de vous traiter déjà comme un vaincu. Quoi que vous fassiez, vous et votre caste, vous êtes, à cette heure, les prisonniers de mon assentiment ou de mon refus.
LE CONSUL
Vous vous méprenez...
HÉRÉNIEN
Non pas ! Comme moi, vous avez la conscience de ne pouvoir rien, sans que je vous y aide. J’ai en mes mains toute la force morale et profonde d’Oppidomagne.
LE CONSUL
Vous oubliez ce que serait un écroulement d’empire.
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Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Les Aubes

HÉRÉNIEN
C’est que j’ai la foi, une foi capable de se communiquer, au
monde entier. Je me vois, je me sens, je me multiplie dans les autres ; je me les assimile. L’armée d’Oppidomagne m’est acquise ; celle de l’ennemi obéit à Hordain, mon disciple et mon fervent. Nous avons tous deux travaillé d’enthousiasme. Qu’importe l’ancienne sagesse, prudente, systématique, consignée en des livres. Elle fait partie de la petite humanité d’hier ; la mienne date d’aujourd’hui. (À l’émissaire) :
Va dire à ceux qui s’en iront, ce soir, aux avant-postes, que je serai des leurs.
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Portrait de Émile Verhaeren Émile Verhaeren Les Aubes

Plus la Régence a menti à ses promesses, plus je parus mentir aux miennes. Certes, on peut me croire complice et coupable.
CLAIRE
C’est le peuple qui l’est. Tu n’as pu le tromper qu’en te trompant
toi-même. L’innocence de tout ce que tu as fait, crève les yeux... Ah ! j’ai mon idée. Les masses sont aussi méfiantes, aussi haineuses, aussi ingrates, aussi bêtes que ceux qui les gouvernent. Elles n’admettent jamais qu’on soit grand et pur, tout simplement.
HÉRÉNIEN
Je te défends de penser ainsi.
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