Jules Lermina,
Alise
(1893)
“ Alise , seule , s' était mise à marcher , allant de la fenêtre à la porte , de la porte à la fenêtre , dans un besoin instinctif de mouvement , comme font certaines folles dans leur cabanon . Elle tenait ses bras ballants , les mains crispées à sa robe . Pas une pensée ne se formulait dans son cerveau , où bruissait une sorte de grésillement tintant comme , aux oreilles des congestionnés , un écho affaibli de cymbales . Elle ne savait rien , ni le temps , ni le lieu , ni le passé , ni le présent . Rien ne vivait en elle que l' angoisse sourde d' une blessure . ”
