Jérôme Coupeau

Définition et enjeux

Portrait de Émile Zola Émile Zola Correspondance: Les lettres et les arts

Un tiers du volume n'est-il pas employé à montrer l'heureux ménage de Gervaise et de Coupeau, quand la paresse et l'ivrognerie ne sont pas encore venues. Puis la déchéance arrive, et j'en ai ménagé chaque étape, pour montrer que le milieu et l'alcool sont les deux grands désorganisateurs, en dehors de la volonté des personnages. Gervaise est la plus sympathique et la plus tendre des figures que j'aie encore créées; elle reste bonne jusqu'au bout. Coupeau lui-même, dans l'effrayante maladie qui s'empare peu à peu de lui, garde le côté bon enfant de sa nature.
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Portrait de Émile Zola Émile Zola L’Assommoir (1877)

Mais, quand on l’eut fait entrer dans une cellule, elle fut toute surprise de voir Coupeau presque gaillard. Il était justement sur le trône, une caisse de bois très propre, qui ne répandait pas la moindre odeur ; et ils rirent de ce qu’elle le trouvait en fonction, son trou de balle au grand air. N’est-ce pas ? on sait bien ce que c’est qu’un malade. Il se carrait là-dessus comme un pape, avec son bagou d’autrefois. Oh ! il allait mieux, puisque ça reprenait son cours.
— Et la fluxion ? demanda la blanchisseuse.
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Portrait de Émile Zola Émile Zola L’Assommoir (1877)

Mais la société se fâcha. Cette fois, tant pis ! on ne courrait pas après lui, il pouvait rester dans la rue, s’il n’avait pas faim. Et, comme les cuillers tapaient au fond des assiettes, Coupeau reparut, avec deux pots, un sous chaque bras, une giroflée et une balsamine. Toute la table battit des mains. Lui, galant, alla poser ses pots, l’un à droite, l’autre à gauche du verre de Gervaise ; puis, il se pencha, et, l’embrassant :
— Je t’avais oubliée, ma biche... Ça n’empêche pas, on s’aime tout de même, dans un jour comme le jour d’aujourd’hui.
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