August Wilhelm von Schlegel

Élements biographiques

August Wilhelm von Schlegel Observations sur la langue et la littérature provençales… (1818)

Il est tout simple de supposer que les descendans des conquérans de l'empire romain, établis dans les Gaules, continuèrent de chanter l'amour et la guerre dans leur propre langue, aussi long-temps qu'ils en conservèrent l'usage, et qu'ensuite ils essayèrent de faire de même en langue romane. A mesure que les mœurs s'adoucirent par la galanterie chevaleresque, cet art, d'abord grossier, fut cultivé avec plus de soin. Dans les plus anciens morceaux des Troubadours qui nous soient parvenus, la régularité des formes est telle que beaucoup d'essais plus imparfaits doivent les avoir précédés.
Source : Gallica

August Wilhelm von Schlegel Observations sur la langue et la littérature provençales… (1818)

Toutes,
excepté le françois, ont conservé le nominatif singulier des féminins en A : l'italien forme le pluriel de ces mêmes féminins et des noms de la seconde déclinaison, du nominatif latin : le rose, de ROSÆ; i venti, de VENTI, etc. ; l'espagnol, au contraire, a conservé l'accusatif; la langue romane a fait de même à l'égard des féminins, rosas, donnas. Mais il est incontestable que, dans l'italien, la plupart des mots de la troisième déclinaison au singulier sont formés de l'ablatif latin ; vergine , par exemple , est l'ablatif latin VIRGINE en autant de lettres.
Source : Gallica

August Wilhelm von Schlegel Observations sur la langue et la littérature provençales… (1818)

Ce qui décolore l'histoire du moyen âge, c'est que les chroniqueurs contemporains ont généralement écrit en latin. Or, il est presque impossible de transporter dans une langue morte et savante les traits individuels les plus caractéristiques. Tout ce qui nous est transmis dans les idiomes populaires de ce temps-là est donc fort précieux pour nous les faire connoître intimement : c'est comme si l'on entend oit les hommes marquans d'alors nous parler eux-mêmes.
Source : Gallica

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