Georges Meunier

Élements biographiques

Georges Meunier La Poésie de la Renaissance (Marot… (1896)

En résumé, si Marot n'a rien de profond, si toute son âme tend à la joie et au plaisir, il n'en faut peut-être accuser que son temps : homme de la Renaissance, avant toutes choses, il a l'ivresse de la vie qu'il trouve précieuse et belle, et il rend ses impressions comme il les sent. Cette ivresse du coeur lui monte au cerveau, et ce poète léger devient ainsi un humaniste de première valeur, un amateur de beaux livres et de nobles pensées. A le considérer ainsi, comme poète et comme humaniste, il est vraiment l'un des initiateurs les plus influents du xvie siècle.
Source : Gallica

Georges Meunier La Poésie de la Renaissance (Marot… (1896)

PIERRE DE RONSARD. 137
Adieu, je sens venir ma fin ; Nul passetemps de ma jeunesse Ne m'accompagne en la vieillesse, Que le feu, le lict et le vin.
J'ay la teste toute estourdie De trop d'ans et de maladie ; De tous costez le soin me mord, Et soit que j'aille ou que je tarde, Tousjours après moy je regarde Si je verray venir la mort,
Qui doit, ce me semble, à toute heure Me mener là bas, où demeure Je ne sçay quel Pluton, qui tient Ouvert à tous venans un antre, Ou bien facilement on entre, Mais d'où jamais on ne revient.
Source : Gallica

Georges Meunier La Poésie de la Renaissance (Marot… (1896)

Ainsi, grâce à cette imitation originale qui lui a permis de peindre les vices et les ridicules de tous les pays et de tous les temps, Régnier a inauguré en France la littérature impersonnelle : il ne cherche point à se peindre lui-même, ou plutôt, quand il exprime ses sentiments et son âme dans des stances, des odes, des élégies et des sonnets, il ne s'attarde jamais. Ces menues fleurs de la poésie ne l'attirent pas, ou du moins ne le retiennent guère. Sa véritable passion, c'est la satire, et il y revient sans cesse, parce qu'il n'a jamais écouté que sa libre fantaisie.
Source : Gallica

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