René Le Cœur

Élements biographiques

René Le Cœur Le Bar aux femmes nues

« — Je suis malade ! je tousse ! Il me faudrait le Midi ! Rien qu’un mois. Naturellement, tu ne veux pas. Tu préfères me garder ici, par jalousie, et puis pour toi... pour ta distraction, parbleu ! Ce que les hommes sont égoïstes ! »
« Enfin, bref, monsieur, explique l’ami d’Yvette, elle commençait à m’assommer avec ses jérémiades. Je songeais, sérieusement, à la quitter. Le devina-t-elle ? Les femmes sont si fines, monsieur... »
Marie-Louise qui vient d’arriver, me fait un petit signe de connivence et murmure derrière l’ami d’Yvette « Plus que tu ne le crois, va, mon gros ».
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René Le Cœur Le Bar aux femmes nues

Mlle Claire prononce naïvement five-o’clock à la française, mais avec un air prétentieux tout à fait ridicule. Elle a un ami beaucoup plus riche que « le nôtre » ! et un collier de perles beaucoup plus belles que les nôtres.
— Hein ! tu l’as vu, son collier, siffle ma petite amie, rageuse, tu l’as vu ? En fait-elle un foin, avec ce collier !
Marie-Louise juge évidemment que c’est de l’ingratitude d’exhiber devant elle un pareil bijou. Elle est humiliée. Elle dirait presque : « Occupez-vous donc des gens pour être récompensé de cette façon-là. »
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René Le Cœur Le Bar aux femmes nues

Elle était aimable vis-à-vis de moi, afin d’ennuyer un peu Marie-Louise ; et moi vis-à-vis d’elle afin d’exciter la jalousie de ma petite amie. Ainsi débutent bien des liaisons. Car on aime rarement pour soi : on aime pour les autres, pour taquiner une maîtresse, pour se venger d’elle, pour exciter l’envie des camarades ; on aime par dépit, par rancune, par vanité ; et l’on se déçoit mutuellement avec d’illusoires promesses, avec de leurrantes caresses,
Mlle Claire va venir chez moi, ce soir, après-dîner.
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