A. de Maricourt

Résumé

A. de Maricourt Revue des Deux Mondes

Dans la « Tour du Trésor, » il accumule des souvenirs de la Révolution, Dans sa chambre, une tapisserie d’Aubusson, — ce n’était point alors un luxe, — couvre les murs ; des rideaux de calemande bleus et blancs drapent le lit à coquilles ; les meubles sont rares. Dans le cabinet de toilette : un simple lit de camp dont il fait usage et, — vision de la plus belle heure du cadran de sa vie, — sur la muraille, des scènes de la guerre d’Amérique... Mais à peine a-t-il « repris haleine, » pendant trois mois, à Chavaniac, que La Fayette est obligé de repartir.
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Au reste, à La Grange, La Fayette tenait table ouverte, imitant en cela les traditions hospitalières des grands sous l’Ancien Régime. Pendant toute sa retraite, et même jusqu’à sa mort, la vie, chez lui, sera une « existence type, » la « vie à la campagne » d’une classe sociale que la Révolution a simplifiée, qui conserve le goût des choses de l’esprit, l’amour de cette conversation qui « vingt ans plus tôt était souveraine en France, » et qui, un peu dédaigneuse du faste des nouveaux riches, sait vivre d’une manière patriarcale.
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Pas un homme, — à quelque parti qu’il appartienne, — qui n’y soit reçu, pourvu qu’il soit une « intelligence. » Dans l’ensemble, La Grange sera toujours un milieu d’avant-garde. Autour de lui, on frondera sous l’Empire, sous la Restauration et même sous la Monarchie de Juillet.
Tant que vit Mme de La Fayette, elle exerce sur lui une heureuse influence. Autour de cette femme d’élite gravite une famille de choix. Sous l’Empire, trois jeunes ménages demeurent à La Grange, dont les enfants, nous dit lady Morgan, sont « mieux élevés que ceux de la royale éducatrice, Mme de Maintenon. »
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