Résumé

Alfred Jacobs La France et l’Angleterre à Madagascar

Les généraux qu’invoquait Radama, Hazo et Tazo, forêt et fièvre, la politique sagement méfiante de Ranavalo, sauront-ils prévaloir contre les ardeurs de la convoitise européenne ? Telles sont les questions qui se présentent naturellement à l’esprit au sortir d’Atanarive, et ce n’est pas un spectacle dépourvu d’émotions que ce dernier duel du sauvage qui demande à vivre contre l’homme civilisé revendiquant le sol et ses produits au nom de la supériorité de son industrie et de son intelligence. Madagascar semble menacée à la fois de deux côtés : par la France et par l’Angleterre.
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Alfred Jacobs La France et l’Angleterre à Madagascar

C’est un spectacle d’une beauté sans égale, mais en présence duquel on respire la mort. Quand les nombreuses rivières qui descendent de la chaîne des montagnes intérieures, gonflées par les pluies et refoulées par les sables de leurs barres, se répandent en marécages le long de la côte, les détritus de cette luxuriante végétation exhalent des miasmes mortels, même pour les indigènes ; ceux-ci ne connaissent aucun remède contre la terrible fièvre des bords de la mer, et c’est ce fléau, plus encore que le génie hostile de Ranavalo, qui protège l’indépendance de Madagascar.
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Alfred Jacobs La France et l’Angleterre à Madagascar

L’imitation de l’Europe n’est pas tombée non plus dans une grossière parodie, et il y a là une société encore enfantine, mais non pervertie, chez laquelle le temps, si on le laisse faire, pourra accomplir son œuvre aussi bien qu’il l’a fait ailleurs. Un jour, dans un de ses entretiens avec le prince royal, M. Ellis lui disait que l’Angleterre fut jadis moins civilisée que ne l’est aujourd’hui Madagascar, et que c’était graduellement, dans une longue série de siècles et à travers de laborieuses vicissitudes qu’elle était montée au rang qu’elle occupe aujourd’hui.
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