Résumé

Alfred d' Ancre Silhouettes orientales. Iskenderieh… (1869)

Le soleil se levait derrière la chaîne du Liban, et à travers les vapeurs du matin, éclairait en demi-teintes variées les gigantesques montagnes du Kasrouan, ici arides et calcinées, là couvertes de verdure, de fleurs, de mûriers et d'orangers. C'était l'heure où les oiseaux se réveillent et leur gazouillement se mêlait au murmure du Narh-el-Kelb, qui se jette à quelques pas de là dans la mer. Tout était calme autour d'elle; la campagne était parée; la guerre n'avait pas passé par ce beau pays, grâce à l'énergie du héros maronite, Youssef Karam.
Source : Gallica

Alfred d' Ancre Silhouettes orientales. Iskenderieh… (1869)

Antoun décida Iskenderieh à l'accompagner dans cette course pieuse ; et le long du chemin il lui dit :
— J'ai rêvé un instant que tu ne nous quitterais jamais. Pourquoi songes-tu à t'éloigner, ne fût-ce que quelque temps, pour des intérêts que j'ignore, mais qui, à coup sûr, ne te donneront pas la paix du coeur que je t'offre ici ? Es-tu bien sincère en nous laissant espérer que tu reviendras et ne crains-tu pas que les enivrements du monde civilisé que tu vas retrouver ne te fassent bien vite oublier les affections simples et profondes que tu laisses dans nos montagnes?
Source : Gallica

Alfred d' Ancre Silhouettes orientales. Iskenderieh… (1869)

Mais à quinze ans, le réel, si terrifiant qu'il soit, a peu de prise sur l'idéal ; l'esprit, dans sa course ascendante, se détourne instinctivement des choses de la vie, ces crapauds qui rampent sur la terre, et tend à planer clans le rêve, cette étoile de l'inconnu qui scintille dans le bleu. Elle sentit les ténèbres qui enveloppaient déjà son premier amour, et comme l'enfant qui, effarouché par l'obscurité, ferme les yeux et s'efforce de chanter pour étourdir sa frayeur, elle ne put se résoudre à supposer que la dévirginisation du corps entraînait celle du coeur
Source : Gallica

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