M. E. A. Spoll

Résumé

M. E. A. Spoll Le Tour du monde

Les vignes, les mûriers et les champs de blé ont envahi les pentes du Liban ; et la fertilité, chassée des plaines par le musulman vainqueur, semble avoir suivi le chrétien sur la montagne pour s’y défendre et s’y maintenir.
Le soleil venait de disparaître derrière les crêtes les plus élevées, le Nahr el Kelb au loin semblait un long ruban d’argent, et je voyais déjà se dresser le sombre rocher sur lequel est placé le couvent d’Antoura, collége de lazaristes où je devais passer la nuit. Nous pressâmes un peu l’allure de nos chevaux, et bientôt après nous tintions à la porte du couvent.
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M. E. A. Spoll Le Tour du monde

Les lettres de nos hôtes de Beyrouth et de Tripoli nous ont ému jusqu’aux larmes. Des gens de grande famille, de célèbres négociants, des hommes opulents autrefois, n’ont plus d’autre moyen d’existence que l’aumône. Les Druses osent avouer que le nombre des chrétiens qu’ils ont massacrés dans les montagnes du Liban s’élève à vingt-deux mille. À l’est de Beyrouth, sur une superficie de trois jours de marche en longueur et de deux jours en largeur, territoire où les chrétiens étaient très-nombreux et fort prospères, il n’y a plus un village chrétien ni même une maison.
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M. E. A. Spoll Le Tour du monde

En sortant de Djébaïl on entre dans le Liban. Les montagnes s’élèvent plus escarpées et plus abruptes ; quelques villages maronites, jetés comme des nids d’oiseaux dans des vallons ombreux en coupent agréablement la monotonie. Nous ne tardâmes pas à arriver dans une vallée délicieuse où serpente la rivière de Tripoli, le Nahr el Kadicha ; en remontant le cours de la rivière, la vue est frappée de nombreuses grottes naturelles enfouies dans un bois de cyprès, de platanes et de chênes verts.
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