Résumé

André Ronze Oeuvres du poète saint-chamonnais André Ronze… (1931)

CHANSONS DU PILAT
Chanson d'Automne
Après avoir couvert la terre D'or aussi pur que l'or réel,
Le soleil, astre de mystère,
Nous quitte incendiant le ciel.
Quels tons chauds, quels rouges mélanges, Dans les ciels embrasés des soirs ! On croirait voir tout l'or des granges Fondu dans le jus du pressoir.
Encore un automne qui passe,
Encore un beau jour qui s'enfuit : Mais rions-en, quoique l'on fasse, Il faut, riche et pauvre à besace, Marcher vers l'éternelle nuit.
Chantons, c'est la fin de nos peines, Les vendanges et les moissons !
Source : Gallica

André Ronze Oeuvres du poète saint-chamonnais André Ronze… (1931)

Dieu n'est pas un méchant juge, Tout en frappant, il sourit ; Le lendemain du déluge, Le cep de Noé fleurit.
La pluie a noyé les terres, Le soleil a cuit les blés,
Mais la vigne emplit nos verres, Buvons à coups redoublés.
Le vin de notre planète,
Dans mille ans sera cité ;
Voyez, la vapeur en tête, Cheminer l'humanité ;
C'est une ère qui commence, L'âge fleuri de l'amour ;
Qu'on cisèle un verre immense Où chacun boive à son tour.
REFRAIN
J'appelais une comète, La planète vient au pas Faire oublier la comète Dont le vin ne valait pas Le vin de la planète.
Source : Gallica

André Ronze Oeuvres du poète saint-chamonnais André Ronze… (1931)

Un filet imperceptible siffla dans la coupe, le verre fut rempli. J'en humais jusqu'à la dernière goutte avec recueillement. Brauer me regardait dans le blanc des yeux, les mains croisées sur le dos ; il avait l'air d'envier mon bonheur.
Mais l'âme du vieux vin, cette âme plus vivante que notre âme, cette âme des Mozart, des Glück, des Weber, des Théodore Hoffmann, envahissait mon être et me faisait dresser les cheveux sur la tête.
« Oh ! m'écriai-je, souffle divin ! Oh ! musique enchanteresse ! Non, jamais, jamais mortel ne s'est élevé plus haut que moi, dans les sphères invisibles ! »
Source : Gallica

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